Société

Uvira : les conflits fonciers compliquent le retour des déplacés après la guerre

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 15/05/2026 à 06:57
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Uvira : les conflits fonciers compliquent le retour des déplacés après la guerre
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Dans la ville et le territoire d’Uvira,  dans l’est de la RDC, le retour progressif des déplacés de guerre est confronté à un défi majeur : les conflits fonciers. De nombreuses familles retrouvent leurs terres, champs ou habitations occupés ou revendiqués par d’autres personnes, parfois également déplacées par les violences. Cette situation ravive les tensions sociales et inquiète les acteurs communautaires.
Dans plusieurs villages des hauts plateaux et des quartiers périphériques d’Uvira, des retournés affirment être empêchés d’accéder à leurs biens abandonnés pendant la guerre. Des organisations locales craignent que ces différends ne dégénèrent en nouveaux conflits communautaires.
M. Emmanuel Abedi, activiste de la société civile, plaide pour des mécanismes de médiation communautaire afin de favoriser des retours pacifiques.
« Nous accompagnons les déplacés et les retournés afin qu’ils recouvrent leurs droits légitimes. Nous appelons toutes les communautés à privilégier la paix et le vivre-ensemble », a-t-il déclaré, invitant également les occupants illégaux à céder volontairement les biens des retournés.
De son côté, M. Alfred Wakandwa, leader communautaire de Kiliba, souligne que la destruction des registres fonciers et des archives coutumières pendant la crise complique la preuve de propriété pour plusieurs familles. Selon lui, des programmes de documentation civile et de sécurisation foncière d’urgence sont nécessaires pour éviter les expulsions arbitraires.
Pour Me Ghislain Baraiga Kabamba, Directeur de l’Observatoire Droits, Justice et Gouvernance locale pour la cohésion sociale en RDC (ODJGL/CS RDC), les litiges fonciers non résolus menacent la cohésion sociale. Il explique que de nombreuses maisons et parcelles abandonnées pendant les déplacements ont été occupées par d’autres personnes, notamment des déplacés, des civils ou des militaires. Le retour des propriétaires crée aujourd’hui des tensions nécessitant des mécanismes de résolution pacifique des conflits.
Plusieurs habitants appellent les autorités administratives et coutumières à renforcer les mécanismes de règlement des litiges fonciers et à garantir les droits des déplacés retournés. Dans cette région rurale, l’accès à la terre reste essentiel pour la survie économique des familles.
Alors que des milliers de déplacés envisagent encore de regagner leurs villages d’origine, la gestion des conflits fonciers apparaît comme un enjeu clé pour la stabilité sociale et la réconciliation communautaire dans le territoire d’Uvira.
 

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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