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Uvira/Kalimabenge : l’urgence humanitaire persiste pour des milliers de sinistrés menacés par l’oubli

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Uvira/Kalimabenge : l’urgence humanitaire persiste pour des milliers de sinistrés menacés par l’oubli
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Plus de dix jours après les inondations dévastatrices provoquées par le débordement de la rivière Kalimabenge, survenues le 1er mai 2026, des milliers de familles sinistrées continuent de survivre dans des conditions extrêmement précaires. Alors que l’émotion suscitée par la catastrophe tend progressivement à s’estomper, les besoins humanitaires restent immenses sur le terrain.
Dans plusieurs sites d’accueil improvisés ainsi que dans des familles hôtes, de nombreux ménages passent encore leurs nuits à la belle étoile ou sous des abris de fortune. Femmes, enfants et personnes âgées figurent parmi les personnes les plus vulnérables, exposées quotidiennement au froid, à l’humidité et à l’insalubrité.
Parmi les victimes, Mapendo Gorethe décrit un quotidien devenu insupportable depuis la destruction de son habitation. « Depuis que nos maisons ont été emportées, nous ne savons plus où dormir avec nos enfants. La nuit, le froid est intense et nous manquons de tout », témoigne-t-elle avec émotion.
Les enfants apparaissent aujourd’hui comme les premières victimes de cette crise humanitaire. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place par le reporter du bulletin humanitaire Habari Za Mahali, plusieurs d’entre eux présentent déjà des signes de maladies respiratoires, conséquence directe de l’exposition prolongée au froid et aux mauvaises conditions sanitaires.
Face à cette situation, les acteurs communautaires multiplient les appels à l’aide. Pour Mapenzi Manyebwa, acteur de la société civile à Uvira, l’urgence demeure entière et nécessite une intervention rapide des autorités et des organisations humanitaires. « Le besoin le plus immédiat reste la distribution d’abris d’urgence, notamment des bâches, afin d’améliorer les conditions de vie de ces ménages déjà fragilisés par la crise », plaide-t-il.
Au-delà des abris d’urgence, les sinistrés ont également besoin de vivres, de couvertures, de médicaments ainsi que de kits d’hygiène pour prévenir une aggravation des risques sanitaires dans les zones affectées.
Cet appel est partagé par Willy Seremba de l’organisation CRIPAD ainsi que par Kelvin Bwija, coordinateur de la Société civile des compatriotes. Selon ce dernier, au moins 7 000 ménages ont été affectés par les inondations causées par la crue de la rivière Kalimabenge.
Dans un contexte marqué par la multiplication des crises humanitaires dans l’est de la République démocratique du Congo, les acteurs communautaires craignent que le drame de Kalimabenge ne sombre progressivement dans l’oubli. Ils appellent les autorités, les partenaires humanitaires et les personnes de bonne volonté à agir sans délai afin d’apporter une assistance d’urgence aux familles touchées et éviter une détérioration davantage de leurs conditions de vie.
 

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet Habari Za Mahali, financé par La Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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