Société

Sud-Kivu : Uvira commémore le massacre de Kakungwe et réclame justice

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 03/08/2025 à 10:01
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Sud-Kivu : Uvira commémore le massacre de Kakungwe et réclame justice
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La ville d’Uvira a commémoré, ce samedi 2 août, le massacre de Kakungwe, perpétré il y a plusieurs années par des militaires de la RCD . La cérémonie, organisée par la mairie d’Uvira sous le haut patronage du gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a été marquée par de vives émotions et des témoignages poignants des familles des victimes.

Les participants, inconsolables, ont exprimé leur douleur et exigé que justice soit rendue.
« Plus de 150 personnes ont perdu la vie ce jour-là. Les ordres de tirer à bout portant auraient été donnés par le commandant surnommé Rasta et l’administrateur du territoire de l’époque, feu Bahizire Lushebano », a témoigné André Byaduania, acteur politique local ayant vécu la scène. « Je me souviens d’un père qui venait d’acheter des médicaments pour Fizi, abattu sur place, et d’une mère qui m’a embrassé en croyant qu'elle était  vivante alors qu’elle était déjà morte. Que justice soit faite », a-t-il insisté.

Une femme âgée a, de son côté, raconté avoir perdu son frère ce jour-là :
« Nous étions ensemble quand il est allé voir ce qui se passait sur la route. Peu après, les tirs ont commencé. Son corps n’a jamais été retrouvé. Les victimes ont été enterrées dans des fosses communes à Nyamianda », a-t-elle déclaré, en larmes.

La coordination provinciale de la société civile forces vives a exigé que toutes les familles soient indemnisées et que les auteurs répondent de leurs actes. Sa représentante, Néné Bintou, a dénoncé « la tendance à récompenser les auteurs de crimes en les intégrant dans des fonctions officielles » et a rappelé son opposition à toute amnistie, notamment celle réclamée par le M23 depuis 2003.

Pour sa part, le gouverneur Purusi Sadiki a affirmé qu’il transmettrait les doléances des familles « à qui de droit » et a jugé « inacceptable qu’une personne ayant tué, violé ou massacré puisse occuper un poste au sein de l’État ». Il a promis d’accompagner la procédure judiciaire, tout en annonçant un appui financier de 5 000 dollars aux familles, malgré les difficultés budgétaires actuelles, ainsi que l’érection d’un monument en mémoire des victimes.

Le massacre de Kakungwe remonte à l’époque du  en 1997 . Des militaires avaient ouvert le feu sur une manifestation pacifique de jeunes protestant contre les tueries, près de la mosquée du quartier Mulongwe . Les tirs avaient fait plusieurs dizaines de morts. Des familles continuent aujourd’hui de réclamer justice pour ces âmes innocentes.

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