Fizi : des tirs nocturnes sèment la panique à Mukera
Le village de Mukera, dans le groupement de Basimukuma Sud, secteur de Mutambala, en territoire de Fizi (Sud-Kivu), a été le théâtre de violents crépitements de balles dans la nuit du lundi au mardi. Ces tirs, survenus pendant plusieurs minutes, ont semé la panique au sein de la population, contrainte pour certains de fuir leurs habitations.
D’après des sources concordantes issues de la société civile locale, les détonations ont été entendues entre 21 heures et 22 heures. La soudaineté et l’intensité des tirs ont provoqué un climat de peur généralisée dans ce village, pourtant habitué à un retour progressif au calme ces derniers jours.
Plusieurs habitants, surpris par les coups de feu en pleine nuit, ont préféré abandonner temporairement leurs domiciles pour se mettre à l’abri, certains passant la nuit à la belle étoile ou dans des zones jugées plus sécurisées. Aucun bilan officiel des éventuels blessés civils n’a été communiqué à ce stade.
Interrogé sur les circonstances de cet incident, le chef du village, Mbuka Omari Olengo Eshitumbula 13, affirme que ces tirs seraient liés à un incident impliquant des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des combattants Wazalendo. Selon ses explications, ces derniers se trouvaient dans un débit de boissons lorsque la situation a dégénéré, entraînant des échanges de tirs dont l’origine exacte reste encore floue.
Au lendemain des faits, un corps sans vie d’un élément des FARDC a été découvert sur le lieu présumé des affrontements. Cette découverte alimente davantage les inquiétudes au sein de la communauté locale, déjà éprouvée par des épisodes d’insécurité récurrents dans la région. Les circonstances de la mort de ce militaire ne sont pas encore clairement établies, et aucune enquête officielle n’a, pour l’instant, été rendue publique.
Face à cette situation, le chef du village a exprimé sa vive préoccupation et condamné fermement les tirs nocturnes dans une zone habitée, soulignant les risques majeurs qu’ils font peser sur les populations civiles. Il rappelle que Mukera avait récemment retrouvé une certaine accalmie après plusieurs périodes de tensions, avant cet incident qui ravive la peur au sein des habitants.
Il en appelle ainsi aux autorités militaires pour un encadrement strict et responsable des hommes en uniforme ainsi que des groupes alliés, afin de prévenir de nouveaux dérapages. Selon lui, des mesures urgentes doivent être prises pour garantir la sécurité des civils et éviter que de tels incidents ne se reproduisent.
Cet événement intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile dans plusieurs localités du territoire de Fizi, où cohabitent différentes forces armées régulières et groupes d’autodéfense, rendant parfois difficile le contrôle effectif de certaines zones.
Jusqu’à la rédaction de cet article, aucune communication officielle des autorités militaires n’avait encore été faite pour éclairer l’opinion sur les circonstances exactes de cet incident, ni sur les mesures envisagées pour en prévenir la répétition.
Asandi depuis le territoire de Fizi