Société

Uvira : une marche pacifique des infirmiers violemment réprimée par la police

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Uvira : une marche pacifique des infirmiers violemment réprimée par la police
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À Uvira, une marche pacifique organisée ce lundi par les infirmiers de la ville et du territoire pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de travail a été violemment dispersée par la police sur la place du Monument. Un  agent de santé a été  blessé, d’autres tabassés et leurs vêtements déchirés, avant l’intervention du maire ad intérim pour calmer la situation.

La tension a été vive ce lundi matin à Uvira. Les professionnels de santé réunis au sein du Collectif Syndical des Professionnels de Santé du Sud-Kivu étaient descendus dans la rue pour revendiquer leurs droits, notamment la majoration de leurs salaires, le paiement des arriérés et la mécanisation des nouvelles unités. Arborant leurs blouses blanches et brandissant une banderole, ils s’étaient donné rendez-vous sur la place du Monument, point de départ de leur marche pacifique.

Mais avant même que la procession ne débute, des éléments de la police nationale congolaise ont bouclé la zone, bloquant l’accès à la route principale. Selon plusieurs témoins, les forces de l’ordre ont fait usage de balles réelles et de bombes à gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Certains infirmiers ont été frappés, d’autres blessés ou violentés, et plusieurs ont vu leurs habits déchirés dans la bousculade.

« Nous étions venus revendiquer pacifiquement nos droits. Nous n’avions ni pierres ni armes, seulement nos revendications écrites. Mais la police nous a traités comme des criminels », a témoigné un infirmier présent sur les lieux.

L’intervention du maire ad intérim de la ville d’Uvira a permis de calmer la tension. Ce dernier a appelé les policiers au calme et invité les représentants syndicaux à venir déposer leur mémo à la mairie.

Il faut rappeler que le maire ad intérim avait signé, depuis la semaine dernière, un arrêté interdisant toute manifestation ou marche pacifique sur la voie publique, en raison de la crise sécuritaire qui prévaut dans la zone. Malgré cette mesure, les professionnels de santé ont tenu à faire entendre leur voix, estimant que leurs revendications demeurent légitimes et urgentes.

Les infirmiers réclament la majoration du salaire et de la prime de risque fixée à un minimum de 600 000 FC, le paiement des arriérés de neuf mois pour les titulaires et dix-neuf mois pour les remplaçants, la mécanisation des nouvelles unités, l’affichage du listing des infirmiers payés ainsi que la bancarisation du personnel pour éviter les agents fictifs.

En attendant une réaction officielle du gouvernement provincial, les professionnels de santé d’Uvira affirment rester mobilisés pour défendre leurs droits, tout en condamnant la répression policière de leur mouvement.

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