Société

Uvira : les radios communautaires, sentinelles de la paix et la protection des civils

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Partager :
Partagé !
Uvira : les radios communautaires, sentinelles de la paix et la protection des civils
Illustration en image

À Uvira, les radios communautaires jouent un rôle essentiel dans la consolidation de la paix et la protection des populations civiles. Dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires et des divisions communautaires, ces médias de proximité ne se limitent plus à informer : ils deviennent des espaces de dialogue, de prévention et d’alerte au service de la cohésion sociale.
Au cœur de cette dynamique, les émissions consacrées à la cohabitation pacifique permettent aux différentes communautés de se retrouver autour d’échanges constructifs. Pour Alain Mishumbi Feruzi, chef de programme de la radio Ondes FM, la mission des radios communautaires dépasse largement le cadre traditionnel de l’information.
« À travers des émissions qui cadrent avec la cohabitation intercommunautaire, nous créons des espaces de dialogue où les différentes communautés peuvent se parler et se comprendre », explique-t-il.
Grâce à ces programmes interactifs, les radios offrent aux habitants une tribune où chacun peut exprimer ses préoccupations, déconstruire les préjugés et encourager le vivre-ensemble. Dans une région régulièrement confrontée aux conflits et aux discours de haine, cette approche contribue à réduire les tensions et à renforcer la confiance entre les populations.
Les radios communautaires jouent également un rôle crucial dans l’alerte précoce et la protection des civils. En période d’insécurité, elles deviennent souvent la principale source d’information fiable pour les habitants. Cléophas Bumba, spécialiste en Fact Checking, souligne l’importance de ce dispositif : « Nous utilisons plusieurs canaux pour prévenir les dangers », affirme-t-il.
Messages diffusés en langues locales, flashs d’information, émissions spéciales et appels en direct permettent d’alerter rapidement les communautés sur les mouvements de groupes armés ou les zones à risque. Ces informations peuvent aider les populations à éviter certaines localités exposées aux combats et à prendre des mesures de sécurité adaptées.
Cependant, exercer le métier de journaliste dans une zone en conflit reste particulièrement dangereux. Les reporters et animateurs des radios communautaires travaillent souvent sous pression, au péril de leur sécurité. Monsieur Kibumba  Lubunga Donnat, coordonnateur de l’Union des Journalistes Sensibilisateurs pour la Paix et le Développement (UJSPD asbl), évoque les multiples menaces auxquelles les professionnels des médias sont confrontés :
« Les journalistes de terrain font face à de nombreux risques en zone de conflit : menace directe, intimidation, tentative d’enlèvement ainsi que pression des groupes armés », témoigne-t-il.
Malgré ces défis, les radios communautaires poursuivent leur mission avec détermination. Leur travail de proximité demeure indispensable pour informer, sensibiliser et protéger les populations dans une région où l’accès à une information crédible peut sauver des vies.
À Uvira, ces médias apparaissent aujourd’hui comme de véritables acteurs humanitaires et sociaux, contribuant chaque jour à renforcer la paix, la cohésion communautaire et la résilience des civils face à l’insécurité.
 

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

Mots-clés :

Uvira Christian RDC Autres