Uvira : les organisateurs reportent la journée « ville morte » sur fond d’interdiction et d’incidents sécuritaires
La journée « ville morte » initialement prévue pour ce mardi 26 août à Uvira n’aura pas lieu. Les organisations citoyennes à l’origine de cette mobilisation ont annoncé son report, évoquant la dégradation du climat sécuritaire dans la ville.
Cette action, portée par des structures comme le MCLA/RDC, le MCMR, l’ACECO, le LCA, le REC Uvira et le SOCINE, visait à pousser le gouvernement congolais à s’impliquer davantage dans la libération des zones encore occupées par le M23 et à exprimer un rejet catégorique de toute tentative de balkanisation du pays.
« Les conditions sécuritaires observées ce lundi ne permettent pas la tenue de cette action. Nous saluons toutefois la mobilisation et le patriotisme de la population d’Uvira », ont indiqué les organisateurs lors d’une conférence de presse.
Le communiqué du maire ad intérim
En parallèle, la mairie d’Uvira a pris une position ferme. Dans un communiqué daté du 25 août et signé par le maire adjoint faisant l’intérim, Kifara Kapenda Kyk’y, toute manifestation citoyenne, marche, sit-in ou journée « ville morte » est interdite sur l’ensemble de l’entité urbaine.
Ce communiqué ne se limite pas à une simple décision administrative : il traduit la volonté des autorités urbaines de reprendre le contrôle d’une ville où les tensions sécuritaires se multiplient. « Pour des raisons sécuritaires constatées et connues de toute la population du Sud-Kivu en général et d’Uvira en particulier, il est interdit d’organiser des villes mortes, marches, manifestations et sit-in, quel qu’en soit le motif », peut-on lire dans le texte.
Kifara Kapenda insiste sur la nécessité de protéger les habitants et leurs biens, tout en appelant les citoyens à éviter toute action susceptible d’aggraver une situation déjà préoccupante. Cette interdiction est perçue comme une mise en garde directe à l’égard des organisateurs de mobilisations populaires.
Une ville nourrie par les coups de feu
L’annonce du report et l’interdiction de la mairie interviennent dans un contexte tendu. Ce lundi, plusieurs quartiers d’Uvira ont été secoués par des coups de feu, plongeant la population dans une atmosphère de peur et perturbant les activités socio-économiques.
Selon des informations recueillies par nos soins, un incident a particulièrement marqué cette journée. Un bus transportant des Banyamulenge en provenance du Burundi, qui se rendaient aux funérailles du Colonel Gisore Patrick et de son épouse – décédés récemment dans un crash d’hélicoptère – a été intercepté à Mulongwe.
Soupçonnés par les Wazalendo, les passagers ont été contraints de rebrousser chemin vers le Burundi après l’intervention des FARDC. Cet épisode illustre la fragilité sécuritaire d’Uvira, où les tensions communautaires, la méfiance et la peur des infiltrations se superposent aux défis liés à la guerre dans l’Est du pays.