samedi 27 juin 2026

À Uvira, les femmes au cœur de la paix, de la prévention des conflits et de la reconstruction des communautés

TAN
La Rédaction Journaliste
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À Uvira, les femmes au cœur de la paix, de la prévention des conflits et de la reconstruction des communautés
À Uvira, les femmes au cœur de la paix, de la prévention des conflits et de la reconstruction des communautés

À Uvira, plusieurs acteurs engagés dans la promotion de la paix et du développement communautaire soulignent l’importance de renforcer la participation des femmes dans les processus de prévention et de résolution des conflits. Selon eux, les femmes ne sont pas seulement les premières victimes des crises, mais également des actrices incontournables dans la médiation, la reconstruction des communautés et la recherche de solutions durables aux défis sécuritaires qui affectent l’Est de la République démocratique du Congo.
Pour Marie Jeanne Ntakobanjira, coordinatrice de l’Association des Femmes Congolaises pour la Paix, la Promotion du Développement Agro-pastoral et l’Aménagement, les femmes jouent un rôle essentiel dans la prévention et la gestion des conflits au sein des communautés. Impliquées dans la médiation familiale, le dialogue intercommunautaire et diverses initiatives locales de paix, elles contribuent à rapprocher les parties en conflit et à restaurer la confiance entre les populations.
Selon elle, les femmes devraient occuper une place centrale dans les négociations de paix. Elle estime que leur engagement est déterminant pour la réussite de tout processus de pacification, rappelant qu’elles figurent parmi les premières personnes touchées par les conséquences des conflits armés.
Marie Jeanne Ntakobanjira insiste également sur la nécessité pour les femmes de prendre pleinement conscience de leurs capacités et de leur rôle dans la société. Elle appelle les autorités congolaises, à tous les niveaux, à créer davantage d’opportunités favorisant leur implication dans la gestion de la chose publique et dans les initiatives de paix. Pour elle, la pleine participation des femmes constitue un levier incontournable dans la résolution des conflits à Uvira ainsi que dans l’ensemble de l’Est de la RDC.
De son côté, Willy Seremba, coordonnateur adjoint de l’organisation CRIPAD-RDC, rappelle que la participation des femmes aux négociations et aux processus de paix est aujourd’hui reconnue comme une condition essentielle pour parvenir à des accords plus inclusifs et durables. Il regrette toutefois que les femmes aient longtemps été marginalisées en raison de préjugés et de stéréotypes qui ont souvent minimisé leur potentiel et leurs capacités.
Selon lui, les femmes disposent pourtant des mêmes aptitudes que les hommes pour contribuer à la résolution des conflits et à la recherche de solutions aux crises qui affectent les communautés. Leur proximité avec les familles et leur influence au sein des ménages leur permettent notamment de jouer un rôle important dans la médiation et la prévention des violences.
Willy Seremba dénonce également les nombreuses barrières auxquelles les femmes continuent de faire face, notamment les discriminations, les stigmatisations et certains rejets communautaires. Malgré ces obstacles, il salue l’engagement de nombreuses femmes d’Uvira qui œuvrent quotidiennement pour le retour de la paix à travers les organisations féminines, les initiatives communautaires ou encore l’action politique.
Pour sa part, Amisa Germaine, point focal de la Dynamique des Femmes Unies pour le Relèvement et le Développement Économique, met en avant le rôle déterminant des femmes dans la reconstruction des communautés après les crises. Elle souligne qu’elles participent activement à la réintégration des personnes affectées par les conflits, soutiennent la relance des activités économiques et favorisent le rétablissement de la cohésion sociale ainsi que du vivre-ensemble.
Elle insiste également sur l’importance de la formation et du renforcement des capacités des femmes. Selon elle, une femme formée peut transmettre ses connaissances à d’autres femmes et contribuer davantage au développement de sa communauté. Amisa Germaine plaide ainsi pour la promotion des femmes dans les métiers professionnels et appelle à la multiplication des centres de formation à Uvira afin d’offrir davantage d’opportunités d’apprentissage et d’autonomisation aux femmes et aux jeunes filles.
Ces acteurs de paix concluent que la participation effective des femmes à la prévention des conflits, aux négociations de paix et à la reconstruction post-conflit demeure une condition essentielle pour bâtir une paix durable, renforcer la résilience des communautés et favoriser un développement inclusif dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

TAN

TAN MEDIA

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Passionné par l'actualité africaine

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