Uvira : des veuves de militaires venues de Bukavu et Goma dénoncent leurs conditions de vie
Plusieurs veuves de militaires venues notamment de Bukavu, Goma et Rutshuru séjournent depuis plusieurs semaines à Uvira dans l’attente d’une réponse à leur requête concernant les salaires de leurs époux. Confrontées à des conditions de vie précaires, certaines passent leurs nuits à la belle étoile et dépendent de la solidarité pour se nourrir et se soigner.
En provenance de Bukavu, Goma et d’autres territoires, plusieurs veuves de militaires se sont rendues à Uvira pour réclamer le paiement des salaires de leurs époux, qu’elles affirment avoir été interrompus depuis l’entrée des rebelles du M23-AFC dans ces zones.
Lors d’une descente effectuée par la rédaction de Tumaini Africa News ce mercredi 12 août 2026, plusieurs femmes rencontrées ont dénoncé leurs conditions de vie, affirmant que, malgré plusieurs semaines passées à Uvira, aucune réponse satisfaisante n’a encore été apportée à leur requête.
Munies pour certaines de quelques effets personnels et accompagnées parfois de leurs enfants, ces femmes affirment passer leurs nuits dans des conditions précaires, parfois à la belle étoile ou dans des hangars. Pour se nourrir, elles disent dépendre essentiellement de la solidarité des personnes de bonne volonté.
Parmi elles, Moza Salama, venue de Bukavu, explique avoir effectué le déplacement à Uvira pour effectuer des démarches liées à sa situation salariale. Elle affirme que le salaire de son époux est coupé depuis environ un an et six mois. Arrivée alors qu’elle était malade, elle dit aujourd’hui éprouver de grandes difficultés à accéder aux soins.
« Je suis venue en étant malade. Je passe la nuit à la belle étoile et trouver de la nourriture est très difficile ici. Là où vous me voyez, c’est là que je passe la nuit. Mes jambes ne me permettent plus de marcher », témoigne Moza Salama.
De son côté, Mwasi Alphoncine, veuve d’un militaire venue de Bukavu, déplore également les conditions dans lesquelles ces femmes vivent depuis leur arrivée à Uvira. Elle plaide notamment pour une solution permettant leur retour à Bukavu ou à Goma, certaines n’ayant pas les moyens de payer leur transport.
Elle souligne également que la majorité des femmes présentes sont âgées et que certaines sont accompagnées de leurs enfants, ce qui rend leur situation encore plus préoccupante.
« La majorité d’entre nous est du troisième âge. Nous passons la nuit dans un hangar et nous avons des difficultés à trouver à manger. Il faut parfois que des personnes de bonne volonté nous donnent 500 francs congolais pour acheter des beignets. Nous sommes fatiguées de ce calvaire et nous voulons le salaire de nos époux », déclare Mwasi Alphoncine.
Ces veuves appellent ainsi les autorités compétentes à se pencher sur leur situation et à apporter une réponse à leurs revendications, notamment concernant le paiement des salaires de leurs époux, leur prise en charge et, pour celles qui le souhaitent, les moyens de retourner dans leurs milieux d’origine.
Parmi ces femmes figurent un nombre important de personnes du troisième âge, tandis que certaines sont accompagnées de bébés, accentuant leur vulnérabilité face aux conditions précaires auxquelles elles sont confrontées à Uvira.
Matumabiri Masumbuko Matou
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
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