Uvira : les femmes appellent à la paix, au respect de leurs droits et à la cohésion sociale lors de la commémoration du 8 mars.
Les femmes et les jeunes filles provenant de différentes structures et organisations de la ville d’Uvira se sont réunies ce mardi dans la salle de la mairie pour commémorer ensemble la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars de chaque année à travers le monde.
Cette rencontre a constitué un cadre d’échanges, de plaidoyer et de réflexion sur la situation des femmes, particulièrement dans un contexte marqué par des crises sécuritaires et socio-économiques qui affectent la région.
La commémoration s’est déroulée sous le thème local : « Non aux violations des droits de la femme et de la jeune fille : militons tous pour la paix, le pardon et la cohabitation pacifique de toutes les communautés d’Uvira ». À travers ce thème, les participantes ont voulu lancer un message fort en faveur du respect des droits des femmes et de la promotion d’une coexistence pacifique entre les différentes communautés vivant dans la ville et ses environs.
Prenant la parole au cours de cette activité, Maman Mari, cheffe du bureau Genre au niveau de la mairie d’Uvira, a relayé plusieurs recommandations formulées par les femmes présentes dans la salle. Elle a rappelé que lors des différentes crises qui ont frappé la région ces dernières années, les femmes et les jeunes filles ont été parmi les principales victimes de violences, notamment des violences physiques, psychologiques et économiques.
Selon elle, cette situation interpelle les autorités, les organisations de la société civile ainsi que l’ensemble de la communauté à redoubler d’efforts pour garantir la protection des droits des femmes et des jeunes filles. Elle a également insisté sur la nécessité de promouvoir la paix, le pardon et la cohésion sociale afin de prévenir de nouveaux cycles de violences.
Au cours des échanges, plusieurs femmes ont témoigné des difficultés auxquelles elles sont confrontées au quotidien, notamment sur le plan économique. Certaines d’entre elles ont expliqué qu’elles traversent régulièrement la frontière pour se rendre au Burundi afin de s’approvisionner en marchandises destinées à leurs petits commerces. Ces activités commerciales constituent souvent leur principale source de revenus et leur permettent de subvenir aux besoins de leurs familles.
Cependant, ces commerçantes ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme une concurrence défavorable. Selon leurs témoignages, certains commerçants burundais viennent vendre les mêmes produits sur les marchés d’Uvira à des prix largement inférieurs à ceux pratiqués par les femmes locales. À titre d’exemple, un produit acheté à 5 000 francs congolais peut être revendu à seulement 2 000 francs. Une situation qui, selon elles, entraîne une baisse importante de leur clientèle et fragilise leurs activités commerciales.
Face à cette réalité, plusieurs femmes ont exprimé leur découragement, certaines affirmant être contraintes d’abandonner progressivement leurs activités économiques faute de rentabilité. Elles ont ainsi plaidé pour la mise en place de mécanismes pouvant soutenir les initiatives économiques des femmes et protéger leurs activités commerciales.
Intervenant également lors de cette rencontre, Mama Chantal, coordinatrice de l’organisation Un Futur pour Tous, a souligné que les femmes d’Uvira aspirent avant tout à vivre dans un environnement de paix et de sécurité. Elle a indiqué que les femmes sont non seulement victimes des conflits, mais aussi des actrices importantes dans les efforts de construction de la paix.
En tant que coordinatrice d’organisation et jeune leader, elle a réaffirmé son engagement à continuer à sensibiliser les communautés sur l’importance du vivre-ensemble, de la solidarité et de la participation des femmes dans les initiatives de développement et de consolidation de la paix.
Dans la même dynamique, Madame Fracine Kasimba, vice-présidente du CUJ Uvira en charge des finances et du genre, a également pris la parole pour encourager les femmes à rester engagées dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale. Elle a rappelé que la stabilité d’une société passe par l’implication active des femmes dans les processus de dialogue, de réconciliation et de développement communautaire.
Elle a par ailleurs souligné que les femmes jouent un rôle essentiel dans la consolidation du tissu social et qu’il est important de renforcer leur participation dans les instances de prise de décision, afin que leurs préoccupations soient mieux prises en compte.
Cette activité s’est déroulée dans une atmosphère d’échanges constructifs et de solidarité entre les participantes.
À travers leurs différentes interventions, les femmes ont réaffirmé leur détermination à lutter contre toutes les formes de violations des droits des femmes et des jeunes filles.
La rencontre s’est clôturée par un appel collectif adressé aux autorités locales, aux organisations de la société civile et à l’ensemble de la population d’Uvira, afin de privilégier le dialogue, le pardon et la cohabitation pacifique entre les différentes communautés.
Pour les participantes, la célébration de la Journée internationale des droits des femmes ne doit pas seulement être un moment symbolique, mais aussi une occasion de réfléchir aux actions concrètes à mettre en œuvre pour améliorer les conditions de vie des femmes et promouvoir une société plus juste, plus inclusive et plus pacifique.
Rachel neema