Uvira : Les enseignants du Complexe scolaire Nuru lèvent leur sit-in après un accord avec le comité de gestion
Après plusieurs jours de tension, les enseignants du Complexe scolaire Nuru d’Uvira ont décidé de lever leur sit-in ce jeudi 23 octobre 2025. Ce mouvement de protestation, entamé le mercredi 22 octobre, visait à dénoncer ce qu’ils qualifiaient de « mauvaise gestion » et de « manque de transparence » dans l’administration de cette institution éducative privée.
Selon les enseignants rencontrés sur place, la décision de suspendre le mouvement est intervenue à la suite d’un consensus trouvé entre les représentants du personnel et le comité de gestion, dirigé par le professeur docteur Gédéon Mavita, actuel président du comité des parents. Les discussions entre les deux parties ont permis d’apaiser les tensions et de convenir d’un cadre de dialogue pour examiner les revendications soulevées.
« Nous avons accepté de reprendre les cours après que le comité nous a écoutés et promis d’améliorer la communication sur les questions de gestion interne », a confié un enseignant ayant pris part aux pourparlers.
Réagissant à ces accusations, le professeur docteur Gédéon Mavita a tenu à apporter des clarifications. Contacté par notre rédaction, il a rejeté toutes les allégations portées contre son comité, estimant que certains enseignants auraient été manipulés pour perturber le bon fonctionnement de l’école.
« Depuis le début de notre mandat en septembre 2024, nous avons mis en place des mécanismes de transparence jamais expérimentés auparavant au sein du Complexe scolaire Nuru », explique-t-il. « Nous avons instauré une association des délégués des enseignants, chargée de calculer leurs primes mensuelles et d’en assurer le suivi à travers des procès-verbaux. À la fin de l’année scolaire dernière, ces mêmes enseignants avaient signé un PV reconnaissant la transparence de notre gestion. Le comité des parents ne leur doit absolument rien », précise-t-il.
Selon lui, le mouvement de sit-in lancé par une minorité du corps enseignant n’était pas motivé par des problèmes de prime, mais plutôt par des tensions internes alimentées par des divergences d’opinion. « Sur 52 enseignants, seuls 20 ont pris part à ce mouvement. C’est un problème de manipulation et non de gestion financière », a ajouté le président du comité.
Le Complexe scolaire Nuru, l’un des établissements les plus anciens et les plus fréquentés de la ville d’Uvira, traîne depuis plusieurs années une réputation ternie par des conflits internes entre le personnel enseignant et les organes de gestion. Des différends autour de l’utilisation des cotisations des parents, des primes des enseignants et de la transparence financière ont souvent conduit à des divisions au sein de la communauté éducative.
Un enseignant ayant requis l’anonymat rappelle que « la crise actuelle trouve ses racines dans la méfiance héritée de l’ancien comité de gestion, accusé de mauvaise administration et d’opacité financière ». Ce comité avait d’ailleurs été contraint de quitter ses fonctions à la suite d’une intervention de l’autorité urbaine d’Uvira, qui avait organisé de nouvelles élections pour restaurer la confiance et ramener la stabilité.
Depuis sa création , la gestion de l’école sous la supervision du comité des parents, conformément à la réglementation scolaire en vigueur. Ce dernier affirme œuvrer pour assurer la transparence et le bon usage des fonds issus des contributions des parents.
Après la levée du sit-in, les activités scolaires ont repris normalement le jeudi 23 octobre. Les élèves ont regagné les salles de classe et ont été bien encadrés par leurs enseignants, signe d’un retour à la sérénité au sein de l’établissement. Plusieurs observateurs du secteur éducatif à Uvira appellent toutefois à un dialogue franc et continu entre les enseignants et le comité de gestion afin d’éviter la répétition de telles crises qui perturbent le calendrier scolaire.
De son côté, le professeur docteur Gédéon Mavita dit espérer que cette page sera définitivement tournée : « Nous devons tous placer l’intérêt des élèves au-dessus des querelles internes. L’école doit rester un espace d’éducation et non un champ de conflits », a-t-il conclu.
Le Complexe scolaire Nuru, situé dans la commune de Kavimvira à Uvira, accueille chaque année plusieurs centaines d’élèves, du primaire au secondaire. Il est connu pour la qualité de son encadrement pédagogique, mais aussi pour les crises récurrentes liées à sa gestion administrative. Les autorités éducatives locales ont, à plusieurs reprises, appelé les différentes parties à privilégier le dialogue pour préserver la stabilité et la réputation de cet établissement qui contribue depuis plusieurs décennies à la formation de la jeunesse uviroise.