Uvira : les enseignantes confrontées à l’insécurité et à l’exode scolaire .
Les femmes enseignantes de la ville et du territoire d’Uvira font face à de nombreux défis liés à l’insécurité. Difficulté à se rendre à l’école en toute sécurité, obligation de travailler tardivement et fuite massive des élèves vers l’étranger sont les principales difficultés évoquées par Madame Ponga Nyongolo, coordinatrice de la Ligue des Femmes Enseignantes pour le Développement Intégral (LIFEDI). Elle s’est exprimée ce vendredi 4 avril 2024, lors de la cérémonie de clôture du mois dédié à la femme.
L’événement s’est tenu dans la salle auditorium des femmes, au quartier Kimanga, dans la commune de Kalundu.
Selon Mme Nyongolo, les conflits armés qui touchent le Nord et le Sud-Kivu ont gravement affecté la scolarité des enfants, ainsi que le travail des enseignantes :
« Les femmes enseignantes rencontrent de grandes difficultés : se rendre à l’école avec aisance, enseigner en sécurité dans les heures tardives, et constater la fuite des élèves vers Kalemie, le Burundi ou la Tanzanie à cause de la guerre », a-t-elle déclaré.
Pour faire face à cette situation, la coordinatrice de LIFEDI appelle les autorités à instaurer la paix dans l’Est de la République Démocratique du Congo :
« Nous demandons au gouvernement central de rétablir la paix afin que les écoles reprennent normalement. Il est aussi urgent de rapatrier les élèves réfugiés à l’étranger, où beaucoup ne bénéficient pas d’un accès à l’éducation », a-t-elle plaidé.
L'activité a réuni une centaine de femmes et plusieurs autorités locales, tant au niveau de la mairie qu’à celui de la province. Ces dernières ont promis leur soutien à la cause des enseignantes.
Le thème retenu pour cette journée de clôture était : « Pour toutes les femmes et filles : droit, égalité et autonomisation ».