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Uvira : Les déplacés de Lubarika abandonnés à leur sort à l’approche de la rentrée scolaire

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Uvira : Les déplacés de Lubarika abandonnés à leur sort à l’approche de la rentrée scolaire
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À quelques jours de la rentrée scolaire, l’angoisse grandit au sein de milliers de familles déplacées qui vivent encore dans les écoles du village de Lubarika, situé dans le groupement d’Itara Luvungi, territoire d’Uvira, au Sud-Kivu. Ces familles, chassées de leurs villages par les violences armées, affirment être laissées pour compte aussi bien par le gouvernement congolais que par les organisations humanitaires.

Lors d’une descente effectuée  ce mardi 19 août  par Tumaini Africa News , ces déplacés ont exprimé leur désarroi. Installés depuis plusieurs mois dans des salles de classe, ils s’inquiètent désormais de leur sort à l’approche de la reprise des cours. Les établissements scolaires qui les abritent devront bientôt rouvrir, ce qui risque de les jeter de nouveau dans l’incertitude.

« La vie de misère que nous traversons est insoutenable. Nous avons tout perdu lors des affrontements entre l’armée et le M23-AFC », témoigne Patrick, l’un des responsables des déplacés de Rupango. Il déplore notamment le manque de nourriture, l’absence de soins de santé et la promiscuité qui favorise les maladies, surtout chez les enfants et les femmes enceintes. Pour lui, l’intervention rapide des autorités et des ONG est une question de survie : « Si rien n’est fait, nous allons continuer à vivre dans le calvaire, sans espoir d’un lendemain meilleur. »

Tantine Mwadjuma , mère de six enfants, partage la même inquiétude. Assise sur un vieux matelas usé posé à même le sol d’une salle de classe, elle confie craindre que ses enfants ne ratent encore l’année scolaire :
« D’ici peu, nous serons chassés de ces écoles, car les cours doivent reprendre. Mais où irons-nous ? Mes enfants ont déjà manqué une année entière. Est-ce qu’ils seront condamnés à rester dans l’ignorance ? » s’interroge-t-elle, les larmes aux yeux.

Du côté de la société civile locale, les inquiétudes sont tout aussi vives. Amani Rafiki Dady, responsable de la Nouvelle Société Civile de Lubarika, plaide pour une prise en compte particulière de la situation des enfants déplacés. Selon lui, la fourniture de kits scolaires et la mise en place d’un mécanisme d’accompagnement urgent sont indispensables pour éviter une rupture dans leur parcours éducatif :
« Ces enfants ne doivent pas se sentir oubliés. L’école est leur seule chance de se reconstruire et de préparer un avenir meilleur malgré le traumatisme de la guerre. »

En attendant une réponse, les déplacés de Lubarika survivent tant bien que mal dans des conditions précaires. Le manque de nourriture, d’eau potable, de médicaments et de kits d’hygiène aggrave chaque jour leur vulnérabilité. Des sources locales rapportent que plusieurs enfants souffrent de malnutrition et que des cas de maladies liées à la promiscuité et à l’insalubrité ont déjà été enregistrés.

Alors que la rentrée scolaire se profile, l’incertitude demeure. Pour ces familles, l’avenir est suspendu à une assistance qui tarde à venir, tandis que le spectre d’un nouvel exode plane si aucune solution durable n’est trouvée.

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