Uvira : Le mouvement citoyen Machozi ya Raiya lance un cri d'alarme face aux affrontement entre les FARDC et les Wazalendo
Dans une déclaration poignante rendue publique ce mercredi, le mouvement citoyen MACHOZI YA RAIYA a exprimé sa "désolation", son "inquiétude" et sa "colère" face aux violents affrontements opposant depuis plusieurs semaines les Forces armées de la RDC (FARDC) à des groupes armés Wazalendo dans la ville d’Uvira. Selon le coordinateur national du mouvement, Dunia Amisi, cette situation met quotidiennement en danger la vie des civils et freine les activités socio-économiques de la région.
« Depuis trois semaines, nous assistons à des tirs nourris, de jour comme de nuit, entre différents camps de Wazalendo, pendant que les FARDC mènent des opérations de ratissage et cherchent à s’intégrer de force à ces groupes. Résultat : ce sont les civils qui paient le prix fort », a dénoncé Dunia Amisi dans une déclaration
Une population prise en otage
Dans ce message intitulé "Message de désolation, alerte et consolation", le coordinateur a dressé un tableau sombre de la vie quotidienne à Uvira. Les écoles se vident, les marchés se ferment plus tôt, et les champs sont de moins en moins accessibles. « Certains parents ont peur d’envoyer leurs enfants à l’école, et les agriculteurs ne se rendent plus aux champs. La psychose est générale », a-t-il ajouté.
Le mouvement accuse les autorités provinciales et nationales d’inaction face à la crise sécuritaire. « Nous avons alerté à plusieurs reprises, mais cette situation est traitée comme un non-événement. Les autorités restent silencieuses, pendant que les balles continuent de pleuvoir sur la population », s’indigne Dunia Amisi.
Un ultimatum de 7 jours
Face à ce qu’il qualifie de « tragédie persistante », MACHOZI YA RAIYA donne un ultimatum clair : « Nous accordons 7 jours aux autorités pour trouver une solution aux conflits entre FARDC et Wazalendo. Passé ce délai, nous appellerons la population à rester chez elle, jusqu’à nouvel ordre. »
Le mouvement affirme vouloir éviter l’escalade, mais se dit prêt à prendre ses responsabilités si rien n’est fait. Il conclut son message par un appel à la résilience : « Nous appelons la population d’Uvira à tenir bon. La sécurité de notre ville nous concerne tous. »
Une crise qui perdure
Les affrontements entre FARDC et groupes armés d’autodéfense, dits Wazalendo, sont devenus fréquents dans plusieurs territoires de l’Est de la RDC. À Uvira, cette cohabitation forcée dans un climat de méfiance nourrit une instabilité grandissante. Jusqu’ici, aucune réponse officielle des autorités n’a été enregistrée.