Uvira : le gouverneur du Sud-Kivu au chevet des blessés de guerre
Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a rendu visite, ce samedi 24 janvier 2026 , aux blessés de guerre internés à l’Hôpital général de référence d’Uvira, situé dans la commune de Mulongwe. Il était accompagné du président de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu, Zihindula Kabeza Feston.
Les patients pris en charge à cet établissement sanitaire sont des victimes blessées lors des récents combats ayant précédé l’occupation de la ville d’Uvira par le M23-AFC, ainsi que durant les différentes phases d’occupation de la cité par ce mouvement armé selon le gourneur du Sud-Kivu .
Ces combats ont opposé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo, aux rebelles du M23-AFC, soutenus par le Rwanda, selon les autorités congolaises.
Au cours de cette visite, le gouverneur du Sud-Kivu a exprimé sa compassion et son réconfort aux victimes, en majorité des civils, notamment des femmes, des hommes, des jeunes et des enfants gravement affectés par les affres de la guerre.
« J’ai vu des enfants, des mamans, des jeunes filles et des garçons touchés dans leur chair par les balles de l’ennemi. Ces souffrances sont la conséquence directe de l’entrée du M23 dans la ville d’Uvira, où de nombreux civils, pour la plupart pauvres et sans défense, ont été massacrés », a déclaré Jean-Jacques Purusi Sadiki.
L’autorité provinciale a par ailleurs assuré que ces actes ne resteront pas impunis. Elle a annoncé que des poursuites judiciaires seront engagées contre toutes les personnes impliquées, de près ou de loin, dans ces crimes.
« Il faut que justice soit faite. Maintenant que les autorités sont de retour dans la ville et le territoire d’Uvira, des procès seront bientôt organisés afin que les responsables de cette tragédie répondent de leurs actes devant la justice », a-t-il affirmé.
S’agissant du bilan humain, le gouverneur a indiqué que la ville et le territoire d’Uvira auraient enregistré environ 1 750 morts avant l’occupation par le M23-AFC, un chiffre qui pourrait atteindre près de 2 000 victimes, en raison des nombreuses atrocités commises lors de l’entrée et pendant l’occupation de la ville.
À cela s’ajoutent d’importants déplacements de populations. Entre 35 000 et 40 000 réfugiés auraient fui vers le Burundi et la Tanzanie, tandis que 850 000 à 1 000 000 de déplacés internes sont recensés sur l’axe allant de Kamanyola à Uvira.
Toutefois, les autorités précisent que le bilan exact des pertes humaines et des dégâts matériels n’est pas encore établi, malgré le retrait du M23-AFC et de ses alliés de la ville d’Uvira. La situation sécuritaire est actuellement jugée relativement maîtrisée par les forces loyalistes, appuyées par les Wazalendo présents dans la zone.
Rachel Neema