Uvira : la population dénonce les barrières payantes dans la plaine de la Ruzizi
À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, plusieurs habitants alertent sur l’existence de barrières payantes dans la plaine de la Ruzizi, situées sur des axes contrôlés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les éléments Wazalendo. Ces points de contrôle sont accusés de prélever des taxes non officielles sur les citoyens qui transitent entre les villages et la ville.
Dans un entretien accordé ce mardi 7 avril à notre rédaction, des voyageurs venant de Luvungi et Lubarika dénoncent ces pratiques qu’ils qualifient de « tracasseries ». Selon eux, des sommes allant de 2 000 à 5 000 francs congolais sont exigées par barrière, ce qui représente un coût supplémentaire lourd pour des populations déjà frappées par la crise économique.
« Je viens de quitter le village de Lubarika. Avant d’arriver ici à Uvira, nous avons payé 7 000 francs congolais sur deux barrières, l’une contrôlée par les FARDC et l’autre par les Wazalendo. Nous demandons aux autorités provinciales de nous épargner ces prélèvements. C’est chez nous, et nous ne voulons pas être rançonnés », déclare un motocycliste qui a souhaité garder l’anonymat.
Les petits commerçants sont particulièrement affectés par ces pratiques. Une femme, qui fait plusieurs courses par semaine pour acheter des marchandises afin de subvenir aux besoins de sa famille, témoigne : « Ce sont les petits commerçants qui souffrent le plus. On nous demande de payer à chaque passage, alors que nous n’avons presque rien. Nous travaillons dur pour nourrir nos familles et nous demandons aux autorités de nous protéger de ces frais. »
La coordination de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), axe Sud du Sud-Kivu, confirme ces informations. Son responsable, Mafikiri Mashimango Martin, indique que les citoyens sont parfois contraints de payer entre 5 000 et 10 000 francs congolais, une pratique qui n’est ni autorisée ni acceptable. Selon lui, des démarches ont été entreprises auprès des autorités, et une promesse d’intervention a été donnée.
« Il existe des barrières érigées par les Wazalendo et les FARDC dans la plaine de la Ruzizi où les habitants sont rançonnés. Nous avons alerté les autorités, qui ont promis de mettre fin à cette situation », précise Mafikiri Mashimango.
Pour rappel, le tronçon routier reliant Uvira à Bukavu a été rouvert le 31 mars dernier par le gouvernement congolais afin de faciliter la circulation des personnes et des biens. Cependant, la situation sécuritaire demeure fragile : la cité de Sange reste sous occupation du M23-AFC, soutenu par le Rwanda, tandis que la localité de Biriba est sous contrôle des FARDC et des Wazalendo. La zone neutre se situe à Kabunambo, compliquant encore la libre circulation.
Face à cette situation, la population appelle les autorités provinciales et nationales à intervenir pour mettre fin à ces pratiques et garantir un passage sécurisé et libre aux habitants de la plaine de la Ruzizi.