Uvira : l’insécurité empêche la reprise effective des cours dans la sous-division Uvira 1
Malgré l’appel lancé ce mardi par les autorités scolaires pour la reprise des cours, la rentrée scolaire n’a pas été effective dans la majorité des établissements de la sous-division Uvira 1, dans la province du Sud-Kivu. Les salles de classe sont restées quasiment vides, enseignants et élèves n’ayant pas répondu à l’appel, principalement en raison de l’insécurité persistante dans la région.
Cette situation s’explique notamment par les déplacements massifs de populations enregistrés ces dernières semaines. Depuis environ trois semaines, de nombreux enseignants et élèves ont fui les violences armées pour se réfugier au Burundi voisin, où une grande partie d’entre eux vit actuellement dans différents camps de réfugiés. Ces mouvements de population font suite aux affrontements armés opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo, au M23-AFC, alliés au Rwanda.
Interrogés par notre rédaction ce mardi matin, plusieurs parents d’élèves expliquent qu’ils ne sont pas encore prêts à renvoyer leurs enfants à l’école. Pour eux, la priorité reste la sécurité des apprenants, qu’ils estiment encore loin d’être totalement assurée. Certains parents affirment que des bruits d’armes sont toujours perceptibles dans certaines zones périphériques de la ville.
« Jusqu’à présent, il nous arrive encore d’entendre au loin des détonations d’armes lourdes et légères. Cela crée une peur permanente, surtout chez des enfants déjà traumatisés par les violences récentes », confie un parent d’élève sous couvert d’anonymat.
À cette inquiétude sécuritaire s’ajoutent des difficultés économiques. Plusieurs parents déclarent ne pas disposer des moyens financiers nécessaires pour faire face aux frais scolaires, après avoir perdu leurs activités génératrices de revenus à la suite des déplacements forcés et de la paralysie économique provoquée par l’insécurité.
Les responsables scolaires, de leur côté, reconnaissent les défis liés à la reprise des cours, tout en appelant au calme et à la collaboration de tous les acteurs concernés afin de sauver l’année scolaire.
Il convient de rappeler qu’avant les vacances du premier semestre, les activités scolaires avaient déjà été suspendues dans la province éducationnelle Sud-Kivu 2, en raison des affrontements armés entre les FARDC, les Wazalendo et le M23-AFC, un conflit qui continue d’avoir de lourdes conséquences sur le système éducatif et la vie sociale dans la région d’Uvira.