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Uvira face à la crise humanitaire : Maître Ghislain Kabamba décrypte le rôle des humanitaires dans la cohésion sociale

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Uvira face à la crise humanitaire : Maître Ghislain Kabamba décrypte le rôle des humanitaires dans la cohésion sociale
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Depuis février 2025, la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, est confrontée à une crise humanitaire persistante liée à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. L’afflux massif de personnes déplacées internes a profondément modifié les équilibres sociaux locaux, faisant de la cohésion sociale un enjeu majeur de stabilité.
Pour Maître Justin Kabamba, défenseur judiciaire près de la Grande Instance d’Uvira et directeur de l’Observatoire Droit, Justice et Gouvernance pour la cohésion sociale en RDC, cette crise met en évidence la nécessité d’une réponse humanitaire qui dépasse l’assistance d’urgence. Selon son analyse, les organisations humanitaires jouent un rôle stratégique dans la prévention des tensions sociales entre communautés d’accueil et populations déplacées.
Le juriste estime que la rareté des ressources, la promiscuité et la précarité constituent des facteurs de fragilisation du vivre-ensemble. Il analyse que les actions humanitaires, lorsqu’elles intègrent des messages de solidarité, de tolérance et de cohabitation pacifique, contribuent à désamorcer les frustrations susceptibles de dégénérer en conflits sociaux.
Maître Justin Kabamba souligne que les organisations humanitaires agissent comme des acteurs indirects de régulation sociale. À travers la sensibilisation communautaire, le dialogue et la médiation, elles participent à la reconstruction du lien social affaibli par la crise humanitaire.
Sur le plan juridique et institutionnel, le directeur de l’Observatoire Droit, Justice et Gouvernance pour la cohésion sociale en RDC insiste sur l’importance d’un encadrement communautaire structuré. Selon lui, la cohésion sociale ne peut être maintenue sans une coordination étroite entre acteurs humanitaires, autorités locales et leaders communautaires.
« En période de crise humanitaire, la cohésion sociale devient un pilier fondamental de la paix locale. Les interventions humanitaires doivent intégrer cette dimension afin de prévenir les tensions et de favoriser une cohabitation pacifique durable », analyse Maître Justin Kabamba.
Dans une ville devenue un pôle majeur d’accueil des déplacés, Maître Justin Kabamba conclut que la mobilisation des organisations humanitaires constitue un levier essentiel de résilience sociale. À ses yeux, seule une approche humanitaire intégrée, attentive aux dynamiques sociales et juridiques, permettra à Uvira de traverser cette crise sans compromettre le vivre-ensemble.

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