Société

Uvira : enseignants oubliés, école fragilisée : la sonnette d’alarme au Sud-Kivu

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 06/05/2026 à 15:06
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Uvira : enseignants oubliés, école fragilisée : la sonnette d’alarme au Sud-Kivu
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À Uvira, comme dans plusieurs zones de la province du Sud-Kivu, les conditions des vies des enseignants ne cessent de se détériorer, au point d’inquiéter sérieusement pour l’avenir du système éducatif. Entre retards répétés de paiement, manque de reconnaissance et insécurité persistante, ces professionnels de la craie tirent la sonnette d’alarme.
Selon Irenge Batachoka Jean-Pierre, membre de l’intersyndicale et porte-parole des enseignants de la province éducationnelle Sud-Kivu 2, l’enseignant congolais est aujourd’hui contraint de survivre par ses propres moyens. « Il n’est pas honoré comme il se doit », déplore-t-il, pointant du doigt les retards de paiement attribués aux agences payeuses. Une situation qui affecte directement la qualité de l’enseignement et démotive des milliers d’éducateurs.
Du côté de la société civile, l’indignation est tout aussi forte. Emmanuel Abedi, coordinateur urbain du mouvement MACHOZI YA RAIA, estime que les enseignants devraient être considérés comme des héros nationaux. Pourtant, la réalité est tout autre : « Certains abandonnent la carrière, découragés par les conditions de vie des aînés », souligne-t-il, évoquant une vague préoccupante de démissions.
À cette crise socio-économique s’ajoute un contexte sécuritaire alarmant. Shukuru Wilondja Jean, conseiller pédagogique à l’institut UTAKASO, alerte sur les conséquences psychologiques de la guerre sur les élèves et les enseignants. Déplacements massifs, pertes matérielles, traumatismes : le quotidien scolaire est profondément bouleversé. Il appelle à un accompagnement psychologique urgent pour les victimes et à une intervention rapide de l’État.
Depuis plusieurs mois, l’insécurité croissante dans le Sud-Kivu désorganise de nombreux secteurs clés, dont l’éducation. Dans ce contexte, les enseignants, piliers du développement, se retrouvent en première ligne, souvent sans soutien suffisant.
Face à cette situation critique, nos sources exigent des réformes concrètes : régularisation des salaires, valorisation du métier et prise en charge psychosociale des acteurs du système éducatif. Car sans enseignants dignement traités, c’est toute une génération qui risque d’être sacrifiée.
 

Article rédigé dans le cadre du projet Habari za Mahali, financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP

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