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Uvira : Déplacement massif des habitants d’Itara-Luvungi après des bombardements attribués au M23-AFC

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Uvira : Déplacement massif des habitants d’Itara-Luvungi après des bombardements attribués au M23-AFC
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Depuis les premières heures de ce vendredi 5 décembre , un déplacement massif de la population est observé en provenance du groupement Itara-Luvungi et Lubarika , dans le territoire d’Uvira. Selon plusieurs témoins, cette fuite est provoquée par les bombardements attribués aux rebelles du M23-AFC, qui auraient tiré depuis la zone de Kamanyola. Ces attaques ont plongé les habitants dans une panique généralisée.

Il faut également signaler que la population avait déjà commencé à se déplacer depuis avant-hier, mais l’afflux s’est fortement intensifié hier et aujourd’hui, période durant laquelle le nombre de décès et de blessés a sensiblement augmenté, sans compter les nombreuses maisons détruites par les explosions.

Tout au long de la journée, des dizaines de familles ont été vues sur les routes menant vers Uvira dans la plaine de la  Ruzizi  portant des enfants, des ballots de vêtements, des matelas et quelques biens récupérés en urgence. Les visages fatigués témoignent du chaos vécu dans leurs villages.

Une femme, arrivée à UVira  au coucher du soleil avec trois enfants et plusieurs bagages  accepte de témoigner malgré l’épuisement :
« Nous avons fui parce qu’il y avait des bombes partout. Des enfants, des femmes et même des papas sont morts. Nos maisons ont brûlé, il ne reste que des cendres. Nous avons marché des kilomètres avec nos enfants pour arriver ici à Uvira. Nous ne savons pas où dormir ni ce que nous allons manger. »

 

Il faut également mentionner qu’une partie importante des déplacés s’est d’abord dirigée vers les entités environnantes, notamment Luberizi, Sange, Kiliba , pour ne citer que celles-là. Cependant, ces zones ne sont pas non plus sécurisées, car les risques d’autres bombardements ou incursions armées restent très élevés, poussant plusieurs familles à poursuivre leur fuite.

Sur les sentiers poussiéreux, l’on pouvait voir des colonnes humaines : des femmes portant leurs bébés au dos, des hommes tirant des bicyclettes chargées de sacs, et des personnes âgées avançant difficilement. Beaucoup témoignent avoir marché des heures pour atteindre Uvira.

Arrivés dans la ville, les déplacés lancent un cri de détresse. Ils appellent les autorités locales, le gouvernement central et les organisations humanitaires à intervenir rapidement. Selon eux, les besoins urgents concernent les abris, la nourriture, les soins médicaux, l’eau potable et la protection.

Les autorités locales ne se sont pas encore officiellement exprimées sur cette nouvelle vague de déplacements. Toutefois, la ville d’Uvira, déjà sous pression à cause des précédentes crises sécuritaires, tente tant bien que mal d’accueillir ces nouveaux rescapés en quête de sécurité.

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