Uvira : conférence-débat sur la prévention des VSBG
À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, commémorée chaque 8 mars à travers le monde, le Cercle d’Échange pour le Développement des Jeunes dans la Région des Grands Lacs (CEDEJ-GL) a organisé, vendredi 13 mars 2026, une conférence-débat à Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
Placée sous le thème « Agir pour prévenir les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) et exiger la justice ainsi que la restauration pour les survivantes en période de crise », cette rencontre s’est tenue dans la salle dite Maison de la Femme, située au Bureau Genre, Famille et Enfants de la mairie d’Uvira. Elle a réuni plusieurs autorités locales, des défenseurs des droits humains, des organisations de la société civile ainsi que des femmes engagées dans la promotion et la protection des droits des femmes.
Dans son mot d’ouverture, la chargée de projet au sein du CEDEJ-GL, Aline Shuni, a souhaité la bienvenue aux participants avant de présenter les objectifs de cette activité. Elle a souligné que la reconnaissance des droits des femmes ne doit plus se limiter à de simples déclarations d’intention, mais doit se traduire par des actions concrètes, notamment à travers l’accès à la justice et la protection effective des femmes et des filles.
Elle a également insisté sur l’importance de créer des cadres d’échanges permettant de sensibiliser la communauté et de renforcer les mécanismes de protection des survivantes des violences sexuelles et basées sur le genre, particulièrement dans un contexte marqué par l’insécurité.
La première intervenante, Marie Mutila Ponga, cheffe du Bureau Genre, Famille et Enfants, a axé sa communication sur l’accompagnement des survivantes des VSBG. Elle a expliqué que la prise en charge des victimes doit être multidimensionnelle et inclure un appui psychologique, médical, juridique et social. Selon elle, une réponse efficace passe par une collaboration étroite entre les institutions publiques, les organisations de la société civile et les structures de santé.
De son côté, le défenseur judiciaire Maître Chako Change est intervenu sur les risques liés à la dénonciation des violences ainsi que sur les défis auxquels font face les survivantes. Dans son exposé, il a indiqué que de nombreuses victimes hésitent encore à signaler les violences subies, notamment en raison de la stigmatisation sociale, des menaces ou encore du manque de confiance dans les mécanismes judiciaires. Il a ainsi plaidé pour un renforcement des mesures de protection des victimes et des témoins afin d’encourager la dénonciation des abus.
Intervenant à son tour, la Procureure de la République a mis l’accent sur les instruments juridiques nationaux et internationaux qui garantissent la protection des droits des femmes. Elle a également expliqué les différences dans l’application de ces droits en période de crise ou de conflit par rapport aux périodes normales. Au cours de son intervention, elle a détaillé les démarches à suivre pour les survivantes souhaitant porter plainte et accéder à la justice, rappelant que le dépôt d’une plainte pour violences sexuelles est gratuit et que les arrangements à l’amiable dans ce type d’affaires sont interdits et punis par la loi.
La conférence s’est poursuivie par une séance d’échanges au cours de laquelle les participants ont posé des questions, partagé leurs préoccupations et formulé plusieurs recommandations visant à renforcer la prévention des violences basées sur le genre et à améliorer l’accès à la justice pour les survivantes.
À travers cette initiative, le CEDEJ-GL réaffirme son engagement à promouvoir les droits des femmes et à sensibiliser la communauté sur la nécessité de lutter contre toutes les formes de violences basées sur le genre, particulièrement dans les contextes de crise où les femmes et les filles restent parmi les plus vulnérables.
Rachel Neema ✍️