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Uvira : André Shindano Shiko, préfet du centre des sourds “La Providence”, porté disparu depuis le 29 septembre

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Uvira : André Shindano Shiko, préfet du centre des sourds “La Providence”, porté disparu depuis le 29 septembre
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Une vive inquiétude règne au sein de la communauté éducative et de la population d’Uvira après la disparition d’André Shindano Shiko, préfet du centre des sourds La Providence, situé dans le quartier Kasenga, sur l’avenue Azuri. D’après plusieurs témoignages recueillis ce mardi 14 octobre  auprès de ses proches, l’homme aurait été enlevé par des individus non identifiés le lundi 29 septembre 2025. Depuis cette date, il reste introuvable et aucune information officielle ne permet, à ce jour, de connaître le lieu où il serait détenu.

Selon des sources proches de sa famille, André Shindano aurait été accusé par ses ravisseurs d’avoir détourné une somme estimée à  35.O00  dollars américains, destinée au soutien des personnes sourdes encadrées par son établissement. Ces personnes l’accuseraient d’avoir utilisé ce financement à des fins personnelles, notamment pour l’achat d’une maison et d’une moto. Toutefois, ses proches réfutent catégoriquement ces allégations qu’ils qualifient de « mensongères et diffamatoires ».

Des informations concordantes issues du milieu éducatif affirment que le centre La Providence avait effectivement bénéficié d’un financement d’environ 30 000 dollars américains, destiné à la construction d’un nouveau centre d’encadrement des personnes sourdes à Kiyaya, au quartier Kavimvira. Les mêmes sources indiquent que les travaux de ce centre sont actuellement en cours, preuve, selon elles, que la somme reçue a été utilisée pour l’objectif prévu. « Dire qu’il a détourné de l’argent est une accusation gratuite. Ceux qui le connaissent savent qu’il se bat jour et nuit pour offrir une éducation digne aux enfants sourds », confie un collègue enseignant sous couvert d’anonymat.

Du côté de la famille, la douleur est immense. Ses proches affirment vivre dans l’angoisse depuis plus de deux semaines sans nouvelles de lui. Ils dénoncent un enlèvement arbitraire et exigent sa libération sans condition. « André est un homme intègre, un éducateur passionné et un défenseur des personnes vivant avec handicap. Nous demandons aux autorités de faire tout ce qui est possible pour le retrouver vivant », plaide un membre de sa famille.

Plusieurs organisations locales et habitants d’Uvira ont également condamné cet acte qu’ils qualifient de violation flagrante des droits humains. Ils appellent les services de sécurité, notamment la Police nationale congolaise, l’Agence nationale de renseignement (ANR), les FARDC et les forces d’autodéfense Wazalendo, à s’impliquer activement pour retrouver l’enseignant et mettre fin à ce qu’ils décrivent comme une série d’enlèvements qui s’accentuent dans la région.

En effet, depuis plusieurs mois, des cas d’enlèvements et de détentions illégales se multiplient dans la ville d’Uvira. Des citoyens sont souvent arrêtés ou enlevés par des inconnus avant d’être conduits dans des lieux de détention non reconnus par la loi. Certains sont accusés de détournement ou d’autres infractions sans preuves concrètes, puis soumis à des traitements inhumains. Cette situation suscite une grande inquiétude parmi la population qui déplore l’absence d’une réponse ferme de la part des autorités compétentes.

La disparition d’André Shindano Shiko vient ainsi raviver le débat sur l’insécurité persistante à Uvira et la nécessité urgente pour les autorités de renforcer la protection des citoyens, en particulier des acteurs sociaux et éducatifs qui œuvrent pour les groupes vulnérables. En attendant, la famille, les collègues et les amis de l’éducateur continuent de lancer un appel pressant pour sa libération, craignant que sa vie ne soit en danger.

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