Sud-Kivu : plus de 500 maisons et le centre hospitalier de Mapale réduits en cendres à Mwenga
Une vaste partie du centre de Mapale, en chefferie de Wamuzimu, territoire de Mwenga, a été ravagée par un incendie d’une ampleur inédite, dans l’après-midi du dimanche 26 octobre 2025. Selon les premières estimations, plus de 500 maisons d’habitation, le centre hospitalier de référence de Mapale ainsi que plusieurs étals du marché local ont été totalement consumés par les flammes.
L’information est confirmée par le médecin chef de zone de santé de Kitutu, le Dr David Kisoka, qui s’est rendu sur le lieu du drame.
« L’incendie s’est déclaré dans une maison servant de buvette avant de se propager très rapidement aux autres bâtiments. Rien n’a pu être récupéré, ni dans les ménages, ni dans les services publics, ni au centre hospitalier de Mapale. Seuls les patients et le personnel soignant ont eu la vie sauve », a déclaré le Dr Kisoka, visiblement consterné.
D’après les témoignages recueillis sur place, le feu s’est étendu en quelques minutes à cause du vent violent et des constructions très rapprochées, souvent faites en planches et en bâches, un phénomène fréquent dans cette partie du territoire de Mwenga. Les habitants, démunis de tout moyen d’intervention, ont tenté en vain de maîtriser les flammes à l’aide de seaux d’eau .
Le centre hospitalier de référence de Mapale, principal établissement sanitaire de la zone, a été totalement détruit. Tous les équipements médicaux, les archives, les lits d’hospitalisation ainsi que les médicaments ont été réduits en cendres. Cette situation plonge les habitants de la région dans une crise sanitaire majeure, car plusieurs villages environnants dépendaient de cette structure pour les soins de base.
« C’est au moins la cinquième fois en moins de deux ans que de tels incendies se produisent dans cette localité, souvent d’origine inconnue. Le manque de dispositifs de prévention et de gestion du feu — comme des réservoirs d’eau, des pompes ou même des routes d’accès adéquates — aggrave toujours la situation », a ajouté le médecin chef de zone.
Outre la perte des infrastructures, des centaines de familles se retrouvent désormais sans abri, contraintes de passer la nuit à la belle étoile. Des témoignages font état de mères de famille et d’enfants en pleurs, cherchant à récupérer quelques objets encore chauds sous les décombres. Plusieurs d’entre eux n’ont plus ni vêtements, ni vivres, ni documents administratifs.
Les causes exactes de cet incendie ne sont pas encore déterminées, mais les autorités locales évoquent déjà la piste d’un court-circuit ou d’une imprudence liée à l’usage du feu dans les buvettes et cuisines improvisées. Des enquêtes sont en cours pour en déterminer l’origine et établir les responsabilités.
Face à cette situation dramatique, le Dr Kisoka a lancé un appel pressant aux autorités provinciales, au gouvernement central ainsi qu’aux organisations humanitaires, afin de venir en aide aux sinistrés. Il demande également un appui urgent pour la reconstruction du centre hospitalier de Mapale, devenu inutilisable.
« La population de Mapale est dans la détresse. Elle a tout perdu. Nous lançons un cri d’alarme pour qu’une aide humanitaire et sanitaire soit rapidement acheminée », a plaidé le médecin chef de zone.
Jusqu’à présent, aucune perte en vies humaines n’a été signalée, mais les dégâts matériels sont évalués à plusieurs dizaines de milliers de dollars. Le site de Mapale, désormais recouvert de cendres et de tôles calcinées, porte les traces d’une catastrophe qui a plongé toute la chefferie de Wamuzimu dans la consternation.