Sud-Kivu : nouvelle attaque meurtrière du M23 et alliés dans le territoire de Mwenga
La société civile des compatriotes congolais (SOCICOR-DC) a dénoncé, ce samedi 23 août matin, une attaque meurtrière perpétrée par une coalition de groupes armés, dont le M23/AFC, dans le village de Birimba, situé entre Mikungubwe et Makenda, dans le secteur d’Itombwe, groupement de Basilukidji 1, territoire de Mwenga, au Sud-Kivu.
Selon les informations recueillies, les miliciens Twigwaneho, Gumino, Android, Red Ntabara et leurs alliés du M23/AFC se dirigeaient vers les hauts et moyens plateaux des territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga lorsqu’ils ont ouvert le feu sur la population locale, causant plusieurs pertes en vies humaines. L’attaque a eu lieu vers 8 heures du matin.
Un commandant de police parmi les victimes
Parmi les personnes tuées figure le commandant de la police de circonscription (CIAT) d’Itombwe, connu sous le nom de Kapinga Lwesso, ainsi qu’un policier identifié comme Kabambi Lulenda. D’autres corps n’ont pas encore été retrouvés, laissant craindre un bilan plus lourd.
Face à cette situation dramatique, la SOCICOR-DC condamne fermement ces « actes de criminalité qui ne cessent de plonger les communautés locales dans la peur et la désolation ». L’organisation appelle les autorités sécuritaires à mettre en place « des mécanismes et stratégies efficaces pour assurer la protection des populations et de leurs biens » dans cette région en proie à l’activisme armé depuis plusieurs années.
Déplacements massifs de la population
À la suite de cette attaque, plusieurs familles ont été contraintes d’abandonner leurs villages pour chercher refuge dans des zones jugées plus sécurisées. Des témoignages recueillis sur place indiquent que des habitants se dirigent vers les localités voisines de Mikungubwe et Makenda, accentuant ainsi la crise humanitaire déjà préoccupante dans le territoire de Mwenga.
Un appel au gouvernement et aux Wazalendo
Kelvin Bwija, coordinateur de la SOCICOR-DC et chercheur en matière sécuritaire, a confirmé ces informations et lancé un appel pressant au gouvernement congolais, ainsi qu’aux forces d’autodéfense Wazalendo, afin qu’ils réagissent de manière urgente pour protéger les civils et stopper l’avancée des groupes armés.
« Malgré les pourparlers de Doha et les signatures de cessez-le-feu à Washington, les combats entre le M23/AFC et les forces loyalistes continuent de s’intensifier dans les hauts plateaux de Mwenga, Fizi et d’autres territoires du Sud-Kivu », a rappelé M. Bwija, soulignant le contraste entre les engagements diplomatiques et la réalité sur le terrain.
Une insécurité persistante
Le territoire de Mwenga, tout comme ceux de Fizi , UVira , Walungu pour ne citer que cala reste l’un des foyers majeurs de l’insécurité dans le Sud-Kivu, où les affrontements récurrents entre groupes armés, parfois alliés à des forces étrangères, plongent les populations civiles dans une situation de vulnérabilité extrême. Les organisations de la société civile multiplient les alertes, mais la mise en œuvre d’une réponse sécuritaire efficace reste encore insuffisante.