Sud-Kivu : le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani lance à Uvira un atelier sur la restauration de l’autorité de l’État
Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a lancé ce lundi 21 septembre 2026 à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, l'atelier de réflexion communautaire sur la restauration rapide de l’autorité de l’État dans la province du sud-Kivu.
Ces assises, prévues pour trois jours, réunissent plusieurs acteurs institutionnels, politiques, sécuritaires, religieux, communautaires et de la société civile autour des enjeux liés à la paix, à la stabilité et au retour effectif de l’administration publique dans les zones affectées par les conflits.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans les enceintes de l’Église El Shadaï, au quartier Nyamianda, dans la commune de Kalundu. Elle a réuni notamment le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, des membres du gouvernement provincial, des élus de la province, des représentants des différentes confessions religieuses, du Barza intercommunautaire, de la société civile, des femmes leaders et des personnes vivant avec handicap.
Des représentants des Wazalendo et des FARDC, de la Police nationale congolaise, du parquet, des organisations humanitaires ainsi que d’autres acteurs impliqués dans la stabilisation de la province participent également à ces travaux.
Dans son discours d’ouverture, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a salué la présence des différentes parties prenantes, estimant qu’elle traduit leur attachement à l’unité nationale, à la paix et à l’avenir d’une population affectée par plusieurs décennies de conflits.
Il a insisté sur la nécessité d’une implication active des communautés dans le processus de consolidation de la paix. Selon lui, une paix durable ne peut être construite sans la participation des populations directement concernées.
Jacquemain Shabani a également exprimé, au nom du gouvernement congolais, sa reconnaissance au système des Nations unies, au HCR, à la MONUSCO ainsi qu’aux ambassadeurs et diplomates accrédités en République démocratique du Congo pour leur accompagnement dans les efforts de stabilisation.
Évoquant la situation sécuritaire dans le Sud-Kivu, il a rappelé les lourdes conséquences de ce que les autorités congolaises présentent comme une agression menée par les rebelles de l’AFC-M23, avec le soutien du Rwanda. Il a notamment cité les pertes en vies humaines, la destruction des infrastructures, les déplacements massifs des populations, les perturbations de l’économie locale ainsi que l’affaiblissement de la présence de l’État dans plusieurs territoires.
Il a toutefois souligné les efforts diplomatiques engagés sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ainsi que les efforts de défense menés avec l’appui des Wazalendo, estimant que certaines zones connaissent progressivement une amélioration de la situation sécuritaire.
Pour le vice-Premier ministre, cette évolution doit désormais être accompagnée par la restauration effective de l’autorité de l’État et par le rétablissement de la confiance entre les institutions publiques et les populations.
Uvira constitue, selon lui, un exemple de cette dynamique. Avec l’amélioration progressive de la situation sécuritaire et le retrait des forces qui occupaient certaines zones, le gouvernement a entrepris de rétablir l’autorité publique à travers le redéploiement des services de l’État, la reprise des activités administratives et la mise en œuvre d’une feuille de route consacrée à la stabilisation et à la paix durable.
« Notre ambition est de préparer avec vous les conditions permettant de reproduire les expériences dans toutes les zones qui seront progressivement libérées, afin que la paix retrouvée se traduise rapidement », a déclaré Jacquemain Shabani.
Il a estimé que le retour de l’administration publique, la réhabilitation des services essentiels, la consolidation de la cohésion sociale et la construction d’une stabilité durable ne pourront produire des résultats sans l’adhésion des communautés.
Dans cette perspective, le ministère de l’Intérieur a élaboré un cadre opérationnel de restauration de l’autorité de l’État, destiné à servir de référence aux différentes institutions publiques et aux partenaires intervenant dans les zones affectées par les conflits.
Face à ces défis, ces assises se veulent un espace de dialogue et de concertation où les différentes parties prenantes pourront confronter leurs expériences, identifier les difficultés prioritaires et dégager des pistes de réponse adaptées aux réalités locales. C’est dans cette perspective que les trois jours de travaux sont consacrés à une réflexion approfondie sur les enjeux liés à la restauration de l’autorité de l’État et à la consolidation de la paix dans la province du Sud-Kivu.
Les participants sont notamment appelés à analyser collectivement le contexte sécuritaire, politique, économique et humanitaire de la province, à identifier les causes profondes des tensions et des violences persistantes, mais aussi à proposer des solutions réalistes, innovantes et adaptées aux réalités locales.
Les travaux doivent également permettre d’enrichir le plan de mise en œuvre de la feuille de route du gouvernement grâce aux expériences et aux connaissances des différents participants. L’objectif est aussi de favoriser l’appropriation de cette feuille de route afin que les acteurs présents puissent, à leur tour, contribuer à la sensibilisation et à la consolidation de la paix au sein de leurs communautés.
La première journée a été marquée par plusieurs présentations, notamment celles du HCR, du procureur au Sud-Kivu ainsi que du gouverneur de province, représenté par le ministre provincial de l’Intérieur. Ces exposés ont été suivis d’un échange avec les participants, qui ont posé des questions et soulevé plusieurs préoccupations liées aux réalités rencontrées sur le terrain.
Les travaux se poursuivent jusqu’au mercredi 23 septembre 2026. À travers ces trois jours de réflexion, les autorités provinciales, les communautés et les différents acteurs impliqués dans la stabilisation du S ça. ud-Kivu sont appelés à dégager une vision commune permettant de renforcer la présence de l’État, de consolider la cohésion sociale et d’accompagner durablement le retour de la paix dans les zones concernées.
Matumabiri Masumbuko Matou
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
Mots-clés
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Soyez le premier à laisser un commentaire