jeudi 24 septembre 2026

Uvira : Le député provincial Jackson Kalimba interpelle les autorités sur la double reconnaissance du Mwami chez Bavira

TAN
La Rédaction Journaliste
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Uvira : Le député provincial Jackson Kalimba interpelle les autorités sur la double reconnaissance du Mwami chez Bavira
Uvira : Le député provincial Jackson Kalimba interpelle les autorités sur la double reconnaissance du Mwami chez Bavira


La question de la succession à la tête de la chefferie des Bavira a été soulevée ce mardi 22 septembre 2026 par le député provincial Jackson Kalimba, élu de Bukavu, lors de l’atelier de réflexion communautaire consacré à la situation et à la restauration de l’autorité de l’État dans la province du Sud-Kivu.
Les travaux se déroulent à l’église El Shadaï, située dans le quartier Nyamianda, en commune de Kalundu, à Uvira. Lancé lundi par le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, cet atelier réunit plusieurs acteurs autour des questions liées au rétablissement et au fonctionnement de l’autorité de l’État.
Prenant la parole au cours des échanges, Jackson Kalimba a demandé des éclaircissements sur la situation qui prévaut au sein de la chefferie des Bavira, où deux personnalités sont présentées comme étant au centre de la succession coutumière, notamment Romain Lenghe Rugaza et Kilolo Kabala Lenghe Ghislain.
Pour cet élu provincial, il est difficile de parler de restauration de l’autorité de l’État dans un contexte où subsistent des divergences autour de la reconnaissance de l’autorité coutumière. Il a ainsi souhaité savoir quelle est, au regard des autorités compétentes, la personne légalement et coutumièrement reconnue comme Mwami des Bavira.
Répondant directement à cette préoccupation soulevée par Jackson Kalimba, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, ainsi que le représentant du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, ont abordé la question des contestations de succession coutumière dans les chefferies des Bavira et des Bafuliru.
Les autorités ont appelé les parties concernées à privilégier le dialogue au sein des familles régnantes afin de parvenir à une issue permettant de mettre fin à ces divergences.
Interrogé par Tumaini Africa News ce mercredi, le Kilolo Kabala Lenghe Ghislain a donné sa version des faits. Il affirme que la question a déjà été discutée au sein de la famille et que celle-ci l’a désigné pour exercer les fonctions de Mwami des Bavira.
Selon lui, plusieurs griefs sont formulés à l’encontre de Romain Lenghe Rugaza, notamment des accusations d’ingérence dans la gestion de la chefferie, des difficultés dans ses relations avec certains chefs de groupement, ainsi qu’un manque d’assistance envers son père malade et un manque de respect envers certains membres de la famille.
« C’est mon fils, mais je ne sais pas pourquoi il s’entête toujours pendant qu’il a déjà reçu les instructions d’abandonner le trône. Et il dit qu’il va se prendre en charge », a déclaré Kilolo Kabala Lenghe Ghislain à Tumaini Africa News.
Il appelle ainsi les autorités compétentes à intervenir afin de permettre un règlement définitif de cette situation, qu’il considère comme un obstacle à la stabilité et à la paix au sein de la chefferie des Bavira.
Au cours de la même intervention, Jackson Kalimba a également soulevé la question de la conservation des dossiers judiciaires. Il a expliqué que plusieurs documents auraient été volés ou détruits, notamment lors de l’entrée des rebelles dans certaines zones du Sud-Kivu, parmi lesquelles Bukavu et Uvira.
Pour l’élu provincial, la perte de ces archives complique le travail de la justice, notamment dans la lutte contre l’impunité, en raison de l’absence de données permettant de retracer les dossiers des personnes ayant déjà fait l’objet de poursuites judiciaires.
Il a plaidé auprès du gouvernement provincial pour la mise en place d’une base de données numériques sécurisée regroupant les dossiers judiciaires, afin de limiter les risques de disparition des archives et de faciliter leur conservation à long terme.
Les différentes préoccupations soulevées au cours de ces échanges illustrent les défis auxquels les autorités et les communautés restent confrontées dans le processus de restauration de l’autorité de l’État au Sud-Kivu, notamment en matière de gouvernance coutumière, de justice et de règlement des conflits locaux.

 

Matumabiri Masumbuko Matou 

TAN

TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

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