Sud-Kivu : le gouverneur Jean-Jacques Purusi donne sept jours à EIS-Africa pour accélérer les travaux sur la RN30
Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, hausse le ton face à la lenteur constatée dans l’exécution des travaux de réhabilitation de la route nationale numéro 30 (RN30), reliant Bujumbura, au Burundi, à Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans une correspondance adressée à la société EIS-Africa, chargée de l’exécution des travaux, le chef de l’exécutif provincial déplore l’état d’avancement du chantier, alors que les travaux sont attendus depuis plusieurs années par la population et les opérateurs économiques de la région.
« Comme toute la population d’Uvira, je suis au regret de constater que les travaux n’avancent pas sur la RN30 », écrit Jean-Jacques Purusi, rappelant que des engagements avaient été pris, il y a plus d’un an, concernant l’achèvement de l’ouvrage dans un délai de quelques mois.
Le gouverneur estime que, malgré les difficultés que peut rencontrer un projet de cette envergure, la situation actuelle traduit, selon lui, une « mauvaise foi » de la part de l’entreprise. Il dénonce également les conséquences de la lenteur du chantier sur les habitants d’Uvira, notamment la poussière générée par les travaux et les difficultés de circulation.
Jean-Jacques Purusi reproche par ailleurs à l’entreprise un manque de considération envers les autorités provinciales et nationales ainsi qu’envers la population locale. Il rappelle que le projet est financé dans le cadre d’un mécanisme impliquant l’Union européenne et la République démocratique du Congo, estimant que l’entreprise doit également rendre compte de l’exécution de l’ouvrage aux institutions congolaises concernées.
Le gouverneur affirme également que la lenteur des travaux a des répercussions importantes sur les activités économiques entre le Sud-Kivu, le Burundi et d’autres espaces commerciaux de la région. Selon lui, la paralysie de cet axe routier constitue un frein aux échanges et au développement économique d’Uvira.
Un ultimatum de sept jours
Face à cette situation, le gouverneur du Sud-Kivu donne un délai de sept jours à EIS-Africa pour présenter des avancées concrètes sur le chantier.
Il exige notamment que les travaux soient effectivement engagés au niveau de la frontière entre la RDC et le Burundi ainsi que sur le tronçon allant du rond-point Kavimvira vers cette frontière. Il demande également à l’entreprise de présenter un calendrier précis permettant de déterminer la date de livraison de l’ouvrage.
« Si dans sept jours je ne vois pas des travaux commencés à la frontière du Burundi et les autres depuis le rond-point Kavimvira vers ladite frontière, avec un calendrier précis pour la remise de cet ouvrage, croyez-moi ou pas, je vais prendre une sanction », prévient le gouverneur.
Jean-Jacques Purusi affirme agir dans le cadre de ses responsabilités de représentant de l’État dans la province et de président du comité de pilotage des projets exécutés au Sud-Kivu.
Il demande en outre aux responsables d’EIS-Africa de se présenter, dans le même délai, à son cabinet avec l’ensemble de leur équipe dirigeante afin d’échanger directement sur la situation du projet. Le gouverneur insiste pour que la société dépêche des responsables disposant d’un réel pouvoir de décision.
Dans sa correspondance, le chef de l’exécutif provincial évoque également des informations faisant état de difficultés liées au paiement de certains travailleurs affectés au projet. Ces allégations, présentées comme issues de recherches, nécessitent toutefois des vérifications auprès de l’entreprise concernée et des travailleurs.
Le gouverneur compare enfin les conditions d’exécution de ce chantier à celles observées dans les pays voisins, notamment le Burundi et le Rwanda, estimant que les exigences doivent être les mêmes en République démocratique du Congo.
Pour Jean-Jacques Purusi, l’objectif demeure l’achèvement de la RN30, un axe stratégique pour les échanges entre Uvira et Bujumbura, ainsi que pour la circulation des personnes et des marchandises dans cette partie de la région des Grands Lacs.
Matumabiri Masumbuko Matou
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
Mots-clés
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Soyez le premier à laisser un commentaire