Sud-Kivu : La communauté Bashi dénonce les tracasseries subies entre Fizi, Uvira, Baraka et Bukavu
Uvira, 10 juin 2025 — La communauté Bashi réunie au sein de l’association Cinabuguma vivant à Uvira alerte sur des tracasseries dont seraient victimes plusieurs de ses membres sur les routes reliant les territoires de Fizi, Uvira, Baraka et la ville de Bukavu. Ces incidents seraient particulièrement fréquents dans la plaine de la Ruzizi.
Selon Benjamin Matabaro, membre de cette communauté et acteur de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile à Bukavu, plusieurs voyageurs bashi seraient régulièrement arrêtés, dépouillés de leurs biens et parfois même violentés sur des barrières non officielles.
« Nos frères qui voyagent entre le sud du Sud-Kivu et Bukavu sont accusés à tort de trahison, prétendument parce qu’ils auraient "vendu" la ville. Ils sont fouettés, emprisonnés ou contraints de payer des sommes exorbitantes », déplore Benjamin Matabaro, joint par notre rédaction ce matin.
Cet acteur de la société civile condamne fermement ces actes qu’il qualifie d’inciviques et discriminatoires. Il appelle les autorités provinciales et urbaines à intervenir en urgence pour mettre fin à cette situation qu’il juge dangereuse pour la cohésion sociale dans la région.
« Nous interpellons les autorités à tous les niveaux pour qu'elles s’impliquent activement dans ce dossier. Il faut que les membres de la communauté Bashi cessent d’être victimes de tracasseries sur ces axes routiers », insiste-t-il.
D’après les informations recueillies, plus de 20 personnes de la communauté Bashi auraient récemment été arrêtées à une barrière près de la cité de Sange. Elles ont ensuite été transférées à la prison d’Uvira avant d’être relâchées, suite à l’intervention des autorités locales.