Sud-Kivu : dix morts et une trentaine de malades enregistrés dans une épidémie de choléra à Mwenga
Une épidémie de Choléra continue de frapper la zone de santé de Mwenga, dans le territoire portant le même nom, au sud de la province du Sud-Kivu. Selon les autorités locales et sanitaires, au moins dix personnes ont déjà perdu la vie tandis qu’une trentaine d’autres malades sont actuellement pris en charge dans différentes structures sanitaires de la région.
D’après des sources locales concordantes, les premiers cas de choléra ont été signalés il y a plusieurs semaines dans la zone de santé de Mwenga, située au chef-lieu du territoire. Depuis lors, la maladie continue de se propager dans certaines aires de santé, suscitant une vive inquiétude parmi les autorités administratives, les services de santé et la population.
Face à cette situation, l’administrateur du territoire de Mwenga, Walubila Ishikitilo Mao, a lancé un appel à la vigilance à l’endroit des habitants. Dans un communiqué officiel daté du 5 mars 2026, dont une copie est parvenue à notre rédaction le samedi 7 mars, l’autorité territoriale invite la population à faire preuve de prudence et à signaler rapidement tout cas suspect auprès des services de santé afin de permettre une prise en charge rapide.
« J’appelle tous les habitants de Mwenga centre et des environs à la vigilance pendant cette période où notre entité est frappée par l’épidémie. Toute personne présentant des signes suspects doit être orientée immédiatement vers la structure sanitaire la plus proche afin de bénéficier d’une prise en charge appropriée », a déclaré l’administrateur du territoire.
Selon ce communiqué, dix personnes ont déjà succombé à la maladie depuis l’apparition des premiers cas, tandis qu’une trentaine d’autres patients sont actuellement hospitalisés dans différentes structures sanitaires de la zone de santé. Les autorités locales précisent que plusieurs aires de santé sont particulièrement touchées par cette épidémie, notamment celles de Tuseswa et Kalole. L’épicentre de la maladie serait toutefois localisé dans l’aire de santé d’Iganda, où plusieurs cas ont été enregistrés ces dernières semaines.
L’administrateur du territoire appelle également les autorités sanitaires et leurs partenaires humanitaires à redoubler d’efforts afin de contenir la propagation de la maladie et de couper la chaîne de transmission dans cette partie de la province.
De son côté, le médecin chef de la zone de santé de Mwenga, le docteur Kenemo Ndjunga Koss, confirme la présence de l’épidémie dans la région. Selon lui, les premiers cas de choléra ont été signalés le 2 février 2026.
« Depuis cette date, la maladie a déjà causé la mort de dix personnes. Par ailleurs, trente malades sont actuellement pris en charge dans les structures sanitaires de la zone », a-t-il précisé, tout en indiquant que les équipes médicales restent mobilisées pour assurer la prise en charge des patients.
Cependant, la riposte sanitaire fait face à plusieurs difficultés sur le terrain. Les autorités sanitaires évoquent notamment un manque d’intrants médicaux essentiels, tels que les médicaments, les solutions de réhydratation et certains équipements nécessaires à la gestion efficace de l’épidémie. Cette situation constitue un défi majeur pour les équipes sanitaires engagées dans la lutte contre la propagation du choléra.
Pour renforcer la réponse sanitaire, les autorités locales indiquent que des appels à l’appui ont été adressés à plusieurs partenaires humanitaires et organisations internationales. Parmi eux figure l’organisation médicale humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF), sollicitée pour apporter un soutien en matériel médical, en médicaments ainsi qu’en assistance technique afin d’appuyer les structures sanitaires locales.
Dans son communiqué, l’administrateur du territoire insiste également sur la nécessité pour la population d’observer strictement les mesures d’hygiène afin de limiter la propagation de la maladie. Il recommande notamment le lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon ou de la cendre, l’entretien permanent de la propreté des toilettes, ainsi que le lavage systématique des fruits et légumes avant leur consommation.
Les autorités locales rappellent que ces gestes simples d’hygiène constituent l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir la transmission du choléra, une maladie généralement liée à la consommation d’eau ou d’aliments contaminés.
Face à cette situation préoccupante, les autorités administratives et sanitaires appellent à la vigilance et à la responsabilité collective afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire dans cette partie du territoire de Mwenga, déjà confrontée à plusieurs défis humanitaires et sécuritaires.