Sud-Kivu : des dizaines d’infirmiers passent la nuit au bureau provincial de la Zone de Santé pour exiger l’amélioration de leurs conditions de travail
Depuis le jeudi 20 novembre 2025, plusieurs infirmiers venus de différentes zones de santé du Sud-Kivu passent jours et nuits devant le bureau provincial de la Zone de Santé du Sud-Kivu, installé provisoirement dans l’enclos de l’Hôpital Général de Référence d’Uvira, dans la commune de Mulongwe. Ce mouvement de sit-in est organisé avec l’accompagnement de la Nouvelle Société Civile Congolaise, axe Sud du Sud-Kivu.
Les professionnels de santé dénoncent la détérioration de leurs conditions socio-professionnelles et exigent notamment :
la majoration du salaire et de la prime de risque à un minimum de 600.000 FC,
le paiement de neuf mois d’arriérés de salaires et de primes de risque,
le paiement de 19 mois d’arriérés pour les remplaçants,
la mécanisation et l’alignement de toutes les nouvelles unités,
la reprise du paiement des agents gelés,
l’affichage des listings de paie,
le paiement complémentaire du quatrième trimestre 2025,
la bancarisation de tous les infirmiers.
Infirmier Mapigano Yundo Moïse, président du syndicat provincial des infirmiers, déplore l’oubli et la précarité dans lesquelles vivraient plusieurs agents de santé depuis des années. Selon lui, ceux qui sont payés ne touchent qu’un salaire « dérisoire » de 164.000 FC, insuffisant pour faire face au coût de la vie dans la province.
« Comment un infirmier
peut-il vivre avec 164.000 FC ? Beaucoup sont oubliés. Nous ne lèverons le sit-in que lorsque nos revendications seront satisfaites. Les malades doivent accepter de patienter, car nous réclamons nos droits », a-t-il déclaré.
De son côté, Freddy Mudeba, coordonnateur adjoint de la Nouvelle Société Civile Congolaise axe Sud du Sud-Kivu, assure que son organisation restera aux côtés des infirmiers jusqu’à satisfaction totale.
« Les infirmiers sont membres de la NSCC. Notre mission est de lutter contre les antivaleurs et d’accompagner toute catégorie de la population lorsque ses droits sont lésés », a-t-il expliqué.
Depuis le début du mouvement, plusieurs infirmiers — hommes et femmes — passent la nuit à la belle étoile devant le bureau provincial, brûlant parfois des pneus et scandant des chants pour maintenir la mobilisation. Ils affirment être déterminés à poursuivre leur action jusqu’à ce que le gouvernement apporte une réponse concrète à leurs doléances.