Shabunda : trois membres d’une même famille tués par un militaire présumé des FARDC
Un nouveau drame sécuritaire a endeuillé le territoire de Shabunda, dans la province du Sud-Kivu. Trois civils, appartenant à une même famille, ont été abattus dans la soirée du jeudi 23 avril 2026 par un militaire présumé des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Selon des sources locales concordantes, le drame s’est produit sur l’axe Bukavu–Kigulube, au niveau du pont de la rivière Kimbili, dans le village de Mulanga, situé entre les localités de Ngolombe et Kimbili, au sein du groupement de Bamuguba Sud.
Les victimes, identifiées comme Léonard Masafiri Chandrack, son épouse et leur enfant, se rendaient à Isezya-Évari pour s’approvisionner en produits de première nécessité. Elles transportaient une somme estimée à plus de 5,6 millions de francs congolais.
D’après les mêmes sources, la famille aurait été interceptée par un militaire qui les a d’abord dépouillées de leur argent et de leurs biens, avant d’ouvrir le feu. Les trois victimes sont mortes sur place.
La société civile locale condamne fermement cet acte. Par la voix de Léonard Musafiri Shadrack, acteur du sous-noyau de Kimbili, elle appelle les autorités à renforcer la sécurité sur cet axe routier devenu particulièrement dangereux. Il évoque notamment deux incidents similaires survenus le mois dernier, au cours desquels des femmes auraient été dépouillées puis violées par des hommes armés assimilés à des militaires.
« Nous condamnons fermement ces actes et demandons à la justice de faire son travail. L’auteur doit être arrêté et répondre de ses actes devant les juridictions compétentes », a-t-il déclaré.
À la suite de cet événement, les activités socio-économiques sont restées paralysées sur ce tronçon routier. Les corps des victimes ont été récupérés par les habitants de Mulanga avant d’être inhumés sur place.
Des sources sécuritaires indiquent que le militaire présumé auteur de ces faits a été maîtrisé par ses collègues puis arrêté. Il serait actuellement détenu au cachot d’Isezya-Évari, en attendant d’être présenté devant la justice.
Ce drame relance le débat sur la discipline au sein des forces de défense et souligne l’urgence de renforcer la protection des civils dans le territoire de Shabunda, où la population reste exposée à des violences récurrentes.