RDC : Non, plus de 3 000 réfugiés burundais ne sont pas devenus combattants Wazalendo
Fizi, Sud-Kivu – Depuis quelques jours, une rumeur circule sur les réseaux sociaux et est relayée par certains médias en ligne au Burundi, affirmant que plus de trois mille réfugiés burundais installés en République démocratique du Congo (RDC) en Territoire de Fizi ont intégré des groupes armés opérant aux côtés de l’armée congolaise.
Cette information, largement diffusée, désigne la faim qui sévit dans les camps de Lusenda et Mulongwe, en territoire de Fizi, comme la cause principale de cet engagement présumé.
Dans le cadre de la campagne « Vrai ou Faux » exécutée par la CorporationdesMédiasenLigned’Uvira, Fizi et Mwenga , nos reporters ont mené une enquête de terrain pour vérifier l’exactitude de cette rumeur. Les résultats de cette investigation indiquent que cette affirmation est fausse.
Interrogé à ce sujet, Monsieur AHISHAKIYE Désiré, porte-parole des réfugiés burundais en RDC, a formellement démenti ces allégations. Il précise « Oui, il y a des Burundais qui se sont associés aux Wazalendo, mais il faut connaître que tout sujet burundais en RDC n’est pas réfugié. À notre niveau, nous reconnaissons des Burundais non réfugiés membres des Wazalendo. Notre camp garde encore son caractère civil et humanitaire. J’en profite pour demander l’ouverture du couloir humanitaire en notre faveur », a-t-il précisé.
Un analyste contacté fait savoir que dans un contexte sécuritaire aussi tendu que celui de l’Est de la RDC, ces rumeurs risquent de déstabiliser davantage la région des Grands Lacs », indique-t-il.
Il appelle également les internautes à la prudence et à la vérification rigoureuse des sources avant de publier ou de partager toute information, surtout en lien avec des sujets de sécurité et de cohabitation entre les populations.
Les camps de réfugiés de Lusenda et Mulongwe accueillent des milliers de réfugiés burundais, fuyant l’insécurité dans leur pays. Si la situation humanitaire reste difficile, elle ne justifie en aucun cas une généralisation abusive ou une assimilation erronée entre réfugiés civils et combattants armés.
Des appels répétés à l’ouverture de couloirs humanitaires montrent plutôt le désir des réfugiés de vivre en paix et en sécurité, dans le respect du droit international humanitaire.
Article rédigé dans le cadre de la campagne Vrai ou Faux exécutée par la Corporation des Médias en Ligne d’Uvira, Fizi et Mwenga " COMEL-RDC" et la SYMUF-MAISON DE LA PRESSE.