jeudi 24 septembre 2026

RDC : le gouvernement prend des mesures conservatoires dans 11 établissements universitaires à Goma et Bukavu

TAN
La Rédaction Journaliste
5 min de lecture
Mis à jour le 27/08/2026
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RDC : le gouvernement prend des mesures conservatoires dans 11 établissements universitaires à Goma et Bukavu
RDC : le gouvernement prend des mesures conservatoires dans 11 établissements universitaires à Goma et Bukavu

Le gouvernement de la République démocratique du Congo annonce une série de mesures conservatoires, ciblées et temporaires concernant onze établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire situés à Goma, au Nord-Kivu, et à Bukavu, au Sud-Kivu. Cette décision intervient dans un contexte marqué, selon les autorités congolaises, par l’ingérence de l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda, dans le fonctionnement de certaines institutions publiques d’enseignement supérieur.
Dans un communiqué publié ce jeudi 27 août 2026 par le ministère de la Communication et Médias, le gouvernement explique que ces mesures font notamment suite à l’éviction de comités de gestion régulièrement investis et à l’installation irrégulière de personnes dans certaines responsabilités académiques dans les zones concernées.
Selon l’exécutif national, l’objectif n’est pas de procéder à une fermeture générale de l’enseignement supérieur dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, mais de prendre des dispositions visant à protéger les étudiants et à préserver la régularité de leurs parcours académiques.
Les mesures ont été prises pendant les vacances académiques, à la période de transition entre deux années universitaires. Le gouvernement affirme vouloir profiter de cette période pour organiser, avant le début de l’année académique 2026-2027, l’orientation des étudiants concernés ainsi que la continuité de leurs études dans des établissements respectant les exigences légales de la République.
Kinshasa assure également que les étudiants concernés ne seront pas abandonnés et que les acquis académiques régulièrement obtenus seront préservés. Aucun étudiant, précise le gouvernement, ne sera contraint de reprendre son parcours universitaire depuis le début en raison de ces mesures.
« Une université congolaise ne peut devenir un butin de guerre », insiste le gouvernement, qui affirme que l’occupation d’une partie du territoire national ne confère aucune compétence administrative ou académique au Rwanda ni à l’AFC/M23.
Les autorités congolaises soutiennent que les comités de gestion régulièrement investis restent les seules autorités habilitées à engager légalement les établissements publics concernés. Elles annoncent également que les mesures prises feront l’objet d’un suivi permanent et pourront être réévaluées en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire, du rétablissement de la légalité institutionnelle et des conditions permettant le fonctionnement normal des établissements concernés.
Le gouvernement justifie ces décisions par plusieurs dispositions juridiques nationales et internationales, notamment les articles 42, 43 et 45 de la Constitution de la République démocratique du Congo, ainsi que la Loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l’enseignement national.
Kinshasa évoque également les principes consacrés par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, les standards de l’UNESCO relatifs à l’autonomie universitaire et à la liberté académique, ainsi que la Résolution 2601 (2021) du Conseil de sécurité des Nations unies portant notamment sur la protection et la continuité de l’éducation en période de conflit armé.
Pour le gouvernement, permettre la poursuite d’un cursus universitaire dans des conditions où la régularité institutionnelle et académique serait compromise pourrait exposer les étudiants et leurs familles à des conséquences importantes à l’avenir, notamment en ce qui concerne la reconnaissance et la valeur des diplômes obtenus.
Le communiqué revient également sur la situation des enseignants affectés par la guerre dans l’est du pays. Le gouvernement affirme que les enseignants régulièrement reconnus continuent de bénéficier de leur rémunération, y compris ceux qui ont été déplacés, contraints à l’exil ou empêchés d’exercer leurs fonctions en raison de l’occupation.
Les autorités précisent toutefois que les cas individuels d’enseignants soupçonnés ou accusés de collaboration avec l’AFC/M23 sont examinés conformément aux procédures en vigueur et dans le respect des droits de la défense.
« La République demeure solidaire de ceux qui subissent la guerre et ne saurait, dans le même temps, financer ceux qui ont rejoint un mouvement engagé dans l’agression contre la République », souligne le gouvernement.
Kinshasa rappelle par ailleurs que l’occupation d’une partie du territoire national ne signifie pas automatiquement l’interruption des services publics. L’État affirme continuer à prendre en charge ses agents publics, à soutenir les structures publiques et à assurer, dans la mesure du possible, la continuité des services destinés aux populations vivant dans les zones sous occupation.
À travers ces mesures, le gouvernement dit vouloir trouver un équilibre entre la protection des étudiants, la sauvegarde de leurs acquis académiques et la nécessité de préserver la légalité et l’intégrité des institutions publiques d’enseignement supérieur.
Il réaffirme enfin sa détermination à protéger les étudiants et les enseignants régulièrement reconnus, tout en poursuivant ses efforts visant à mettre fin à l’agression, restaurer l’autorité de l’État dans les territoires occupés et permettre la reprise normale du fonctionnement des institutions publiques de la République démocratique du Congo.

 

Matumabiri Masumbuko Matou 

TAN

TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

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