Mwenga : un jeune homme assassiné à l’arme blanche à Busawa, la société civile dénonce la recrudescence de l’insécurité
Un nouveau meurtre vient de plonger le territoire de Mwenga dans la consternation. Ce mardi 7 octobre 2025, un homme âgé de 35 ans a été retrouvé mort, le corps mutilé à l’arme blanche, dans le village de Busawa, en groupement de Bizalugulu, chefferie de Basile. Les circonstances du drame soulèvent une fois de plus la question de l’insécurité chronique dans cette partie du Sud-Kivu.
Selon les informations recueillies sur place, la victime répondait au nom de Mukamba Kilosho Senga, fils de Kilosho dit Breeck et de Senga. Son corps sans vie a été découvert tôt le matin, gisant près d’un palmier dans une régie de production de vin de palme. Les premiers témoins décrivent une scène macabre : la victime aurait été attaquée à la machette, son corps présentant plusieurs coups tranchants, laissant supposer une mort violente et préméditée.
Informées de la situation, les autorités judiciaires locales se sont rapidement saisies du dossier. Une équipe a été dépêchée sur les lieux du crime pour procéder au constat et à la récupération du corps. Selon une source administrative, la victime a ensuite été conduite à la morgue pour des formalités d’usage avant d’être remise à sa famille pour un enterrement jugé digne.
Faute d’avoir identifié les auteurs de cet assassinat, les enquêteurs ont décidé d’interpeller le chef du village de Busawa pour des raisons d’enquête, en attendant que la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce meurtre.
Du côté de la société civile Forces Vives du territoire de Mwenga, la réaction ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration rendue publique le même jour, cette structure citoyenne a fermement condamné l’acte et dénoncé la montée alarmante de l’insécurité dans plusieurs villages de la chefferie de Basile.
> « Ces assassinats répétés ternissent l’image du territoire de Mwenga et créent un climat de peur au sein de la population. Il est urgent que les autorités locales et les services de sécurité renforcent leurs dispositifs pour prévenir de tels actes au lieu de réagir après coup », a déclaré Pandji Mazambi Chrysologue, secrétaire de la coordination territoriale de la société civile Forces Vives de Mwenga.
La société civile exhorte également les autorités provinciales à renforcer la présence policière et militaire dans les zones rurales souvent laissées à elles-mêmes. Elle estime que le manque de sécurité favorise la prolifération des actes criminels, souvent impunis, et décourage les habitants de dénoncer les auteurs par crainte de représailles.
Dans le même sens, plusieurs habitants du groupement de Bizalugulu interrogés par notre rédaction affirment vivre dans la peur depuis plusieurs mois, évoquant une série de meurtres et de disparitions jamais élucidés. « Nous ne dormons plus tranquilles. Chaque semaine, on apprend qu’une personne a été tuée ou agressée. Les autorités doivent agir », témoigne un notable du milieu, sous couvert d’anonymat.
Ce nouvel épisode sanglant vient s’ajouter à une longue liste d’actes de violence enregistrés dans le territoire de Mwenga, où les conflits fonciers, la présence de groupes armés et l’impunité persistante continuent d’alimenter l’instabilité. Les populations locales appellent à des actions concrètes de la part du gouvernement provincial et national pour restaurer la sécurité et la confiance au sein des communautés.
Pour l’instant, aucune arrestation majeure n’a encore été signalée, mais les enquêtes se poursuivent sous la supervision du parquet de Mwenga. En attendant les résultats, les habitants de Busawa demandent justice pour Mukamba Kilosho Senga et appellent à des mesures dissuasives contre les auteurs de crimes dans la région.