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Mwenga : un homme d’une trentaine d’années meurt dans un accident minier à Lugushwa

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Mwenga : un homme d’une trentaine d’années meurt dans un accident minier à Lugushwa
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Un drame s’est produit ce samedi après-midi sur le site minier connu sous le nom de D18, à Lugushwa, dans la partie sud du territoire de Mwenga, en province du Sud-Kivu. Un homme d’environ trente ans, identifié sous le nom de Landry, a perdu la vie à la suite d’un éboulis de terre survenu alors qu’il travaillait dans un puits à ciel ouvert.

Selon des sources locales contactées sur place, la victime était en pleine activité d’extraction lorsqu’une partie du sol s’est brusquement effondrée, le piégeant sous les décombres. Les creuseurs présents sur le site ont tenté de lui venir en aide, mais sans succès. Landry a succombé sur le coup, tandis que plusieurs de ses collègues ont échappé de justesse à la mort.

Les témoins décrivent une scène de panique et de désolation, les compagnons du défunt se mobilisant avec les moyens du bord pour tenter de le dégager. « C’est un accident tragique. Nous travaillons dans des conditions très précaires, sans encadrement ni matériel de protection », a confié un creuseur rencontré sur le lieu du drame.

Le territoire de Mwenga et la ville voisine de Kamituga figurent parmi les zones les plus riches en ressources minières du Sud-Kivu, notamment en or et en coltan. Cependant, ces localités sont aussi tristement connues pour la récurrence des accidents miniers, souvent mortels. 

Dans la majorité des cas, ces incidents sont liés au manque de mesures de sécurité, à l’exploitation artisanale non encadrée et à l’absence de supervision technique par les services publics compétents. Les puits sont creusés sans études géologiques préalables, et les conditions de travail exposent quotidiennement des centaines de creuseurs à des risques d’éboulement.

Les autorités locales reconnaissent la gravité de la situation mais peinent à y apporter une réponse durable. Les organisations de la société civile, quant à elles, dénoncent régulièrement le silence des services de l’État face à cette série noire d’accidents. Pour de nombreux habitants de Lugushwa, la mort de Landry n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la négligence du secteur minier artisanal.

Plusieurs creuseurs rencontrés sur place affirment avoir, à maintes reprises, interpellé les autorités sur la nécessité d’un encadrement technique et matériel. « L’exploitation minière artisanale est l’activité principale pour la majorité de la population de Mwenga et Kamituga. 

Les autorités devraient s’y intéresser davantage, car nous risquons nos vies chaque jour pour nourrir nos familles », a témoigné un creuseur artisanal, visiblement ému, devant notre rédaction. Selon lui, sans intervention rapide des services de l’État notamment ceux en charge des mines, du travail et de la sécurité — la situation risque de s’aggraver.

L’exploitation artisanale constitue pourtant l’un des piliers économiques du territoire de Mwenga. Elle assure la subsistance de milliers de ménages dans un contexte de pauvreté persistante. 

Cependant, faute de politiques publiques claires et d’une présence effective de l’État sur le terrain, cette activité demeure largement informelle. Les creuseurs artisanaux ne bénéficient d’aucune formation en matière de sécurité minière ni d’un encadrement technique pour prévenir les effondrements. À cela s’ajoute l’absence d’équipements adéquats : casques, gants, bottes ou cordes de sécurité sont rarement disponibles.

Les observateurs estiment que la mise en place d’un cadre de régulation stricte et d’un programme de formation à la sécurité pourrait réduire considérablement ces drames qui endeuillent régulièrement les familles de la région. Face à la recrudescence des accidents miniers, la population locale et les acteurs de la société civile appellent à une prise de conscience collective. Ils demandent au gouvernement provincial du Sud-Kivu et au ministère national des Mines de renforcer le contrôle des sites artisanaux, de délivrer des licences légales aux coopératives et de sensibiliser les creuseurs sur les bonnes pratiques.

Pour les habitants de Lugushwa, le décès de Landry doit servir d’électrochoc. « Nous ne voulons plus que d’autres familles pleurent leurs proches à cause de l’imprudence et de l’inaction », a lancé un notable local, appelant les autorités à agir avant qu’un autre drame ne vienne encore endeuiller la communauté.

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