Société

Mwenga : l’effondrement du pont Zokwe isole le tronçon Bukavu–Kamituga et aggrave l’enclavement

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 12/08/2025 à 06:26
Partager :
Partagé !
Mwenga : l’effondrement du pont Zokwe isole le tronçon Bukavu–Kamituga et aggrave l’enclavement
Illustration en image

Le pont Zokwe, situé sur la rivière du même nom dans la chefferie de Lwindi, territoire de Mwenga (Sud-Kivu), s’est effondré la semaine dernière. Une coupure brutale qui paralyse la circulation sur la RN2 et accentue les difficultés d’approvisionnement des villes de Kamituga et de Mwenga.

Le pont Zokwe jouait un rôle stratégique sur la Route nationale n°2 (RN2), reliant la ville de Bukavu au reste du territoire de Mwenga et à la cité minière de Kamituga. Depuis son effondrement, la circulation des biens et des personnes est quasi impossible sur ce tronçon. « Ce pont était notre seule voie rapide pour transporter les marchandises depuis Bukavu. Aujourd’hui, nous sommes bloqués », témoigne Désiré Munganga, un commerçant de Kamituga.

Cette infrastructure avait pourtant été réhabilitée en 2023 par le député national élu de Mwenga, Trésor Mutiki Lutala. Mais moins de deux ans plus tard, elle n’a pas résisté à la pression constante des camions poids lourds. Selon plusieurs acteurs de la société civile, ces véhicules appartiendraient en grande partie à des entreprises minières à capitaux chinois, accusées d’exploiter illicitement les ressources du territoire sans bénéfices tangibles pour les communautés locales.

Le cas du pont Zokwe illustre un problème plus vaste d’infrastructures défaillantes sur la RN2. Le 23 juillet dernier, le pont de la rivière Lia, situé à Mitobo, s’est également effondré, plongeant d’autres localités dans l’isolement. À ce jour, aucune réparation n’a été effectuée.

Dans une correspondance officielle, le Cadre de concertation de la société civile du Bassin, présidé par Bienfait Fazili, avait recommandé que les entreprises à capitaux chinois intervenant dans la région procèdent, sans conditions, à la réhabilitation des ouvrages endommagés sur la RN2, notamment sur le tronçon Bukavu–Kitutu. Cette demande, formulée il y a plusieurs semaines, reste sans suite.

Au-delà des ponts, la RN2 elle-même se trouve dans un état de dégradation avancé, rendant le transport terrestre périlleux, voire impossible, sur certains segments. Les habitants du territoire de Mwenga dénoncent un enclavement croissant, synonyme de flambée des prix, de pénurie de produits de première nécessité et de ralentissement économique.

« Nous demandons au gouvernement provincial et au gouvernement central d’agir vite. Si rien n’est fait, nous risquons de connaître une crise humanitaire », alerte un membre de la société civile locale.

La situation sur la RN2 rappelle l’urgence d’un plan de réhabilitation durable des infrastructures routières et des ponts dans cette partie du Sud-Kivu, où les routes constituent le seul lien vital pour les échanges économiques et l’acheminement de l’aide humanitaire.

Mots-clés :

Uvira Christian RDC Autres