Kinshasa : Le ministre Constant Mutamba récuse deux hauts magistrats pour partialité présumée
Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba, a officiellement saisi sa hiérarchie ce mardi en introduisant une demande de récusation contre le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, ainsi que celui près la Cour constitutionnelle.
Dans un communiqué référencé 1060/LW1036/D/CAB/MIN/J&GS/2025, largement diffusé dans les médias et sur les réseaux sociaux, le ministre évoque des cas d’instrumentalisation politique de la justice et d’atteinte à l’impartialité des magistrats dans les procédures en cours.
Le document a également été transmis au président de la République, à la Première ministre, au président de l’Assemblée nationale, ainsi qu’aux procureurs généraux concernés.
« Votre intérêt personnel dans cette affaire, ainsi que l’intimité créée entre vous et moi suite à la lutte contre les antivaleurs dans la justice, justifient la présente récusation. Celle-ci vise aussi les magistrats sous votre autorité pour partialité, règlements de comptes politiques et conflit direct avec le ministre d’État », peut-on lire dans le communiqué.
Mutamba dénonce un "complot politique"
Constant Mutamba affirme être victime d’un acharnement judiciaire à motivation politique, orchestré, selon lui, pour écarter un adversaire dérangeant. Il estime avoir le droit de contester la compétence de magistrats qu’il juge partialement impliqués, afin d’assurer une instruction impartiale.
« Je suis en droit d’empêcher leur implication afin d’éviter que la justice ne soit utilisée comme un instrument de règlement de comptes politiques », a-t-il précisé.
Contexte : accusation de détournement
Cette réaction du ministre intervient au lendemain de la demande de levée de ses immunités introduite par le procureur Firmin Mvonde auprès de l’Assemblée nationale. Le ministre Mutamba est accusé de détournement présumé de 19 millions de dollars américains, destinés à la construction d’une prison à Kisangani.
L’affaire suscite de vives réactions sur la scène politique et judiciaire congolaise, dans un climat tendu à l’approche des grands rendez-vous institutionnels.
– Myango Joseph, depuis Kinshasa