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Kamituga : L’AFJEP dénonce l’indifférence face au calvaire des enfants dans les mines

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
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Kamituga : L’AFJEP dénonce l’indifférence face au calvaire des enfants dans les mines
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L’ombre de l’or ternit l’avenir de nombreux enfants à Kamituga. Dans cette cité minière du Sud-Kivu, les cris de l’enfance s’étouffent sous le bruit des pelles et des marteaux. L’Association des Femmes Journalistes Engagées pour la Paix (AFJEP) alerte sur la banalisation de l’exploitation des enfants, devenue un phénomène presque toléré par la société.

« Le plus inquiétant, c’est le silence collectif », déplore Immaculée Chakupewa Nyamatomwa, coordinatrice de l’AFJEP. « On voit ces enfants travailler dans les mines, vendre aux abords des carrières, mais rares sont ceux qui s’en indignent encore. »

Sur les collines de Kamituga, des enfants, souvent âgés de moins de quinze ans, descendent chaque matin dans les galeries ou parcourent les marchés poussiéreux, au lieu de prendre le chemin de l’école. Certains extraient le minerai, d’autres trient ou lavent la boue aurifère, exposés à la fatigue, aux maladies et aux abus.

Pour l’AFJEP, cette situation ne résulte pas seulement de la pauvreté, mais aussi d’une perte de repères sociaux et d’un manque d’encadrement des autorités. L’organisation dénonce une forme d’« indifférence organisée », où les droits de l’enfant se noient dans la quête du gain facile.

« Tant que les institutions locales n’assumeront pas pleinement leur rôle, ces enfants continueront de grandir dans les mines au lieu des salles de classe », insiste Mme Chakupewa.

L’AFJEP appelle à une réaction urgente : renforcement de la surveillance sur les sites miniers, réinsertion scolaire des enfants travailleurs et campagnes massives de sensibilisation auprès des familles. Elle exhorte également les ONG partenaires à soutenir des programmes de reconversion pour les parents, souvent piégés dans la misère.

À Kamituga, la société civile partage ce cri du cœur. Pour elle, protéger ces enfants, c’est préserver l’avenir même du Sud-Kivu. Mais sur le terrain, l’urgence reste palpable : chaque jour sans action ferme, c’est une génération qui s’enfonce un peu plus dans le silence et la poussière des mines.

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