Fizi : un directeur d’école en fuite avec deux mois de salaire de ses enseignants
Une situation pour le moins préoccupante secoue le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, où le directeur de l’école primaire EP2 Fizi de la 8ᵉ CEPAC, Sungura David Kyabi, est accusé d’avoir détourné deux mois de salaire destinés à ses enseignants avant de prendre la fuite. L’affaire, devenue un sujet d’inquiétude majeure dans la communauté locale, est désormais au centre d’une large mobilisation citoyenne.
Selon plusieurs sources concordantes, le directeur s’est rendu à Uvira le jeudi 20 novembre 2025, dans le but officiel de retirer les salaires de ses enseignants à la banque Caritas. Après avoir effectué le retrait, estimé à 11 700 000 francs congolais (FC), Sungura David n’est plus retourné à Fizi. Depuis plus d’une semaine, aucune trace de lui n’a été signalée, ni dans son milieu professionnel, ni à son domicile.
La Nouvelle Société Civile Congolaise (noyau de Cebele) et le mouvement citoyen Machozi ya Raïya (MCMR), qui ont confirmé l’information, parlent d’un acte d’« incivisme grave » qui met en péril la stabilité de l’établissement scolaire. Selon ces organisations, les enseignants concernés se retrouvent dans une situation financière critique, alors que les élèves « n’étudient plus depuis deux mois » à cause du non-paiement de leurs encadreurs.
Dans un communiqué rendu public, le mouvement Machozi ya Raïya affirme que le directeur, identifié sous le matricule 0511827, serait parti précipitamment après avoir récupéré les fonds, laissant derrière lui une communauté plongée dans le désarroi. Le MCMR appelle toutes les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires à ouvrir une enquête urgente, à émettre un avis de recherche contre le directeur en fuite et à engager des poursuites pour détournement de fonds.
Le mouvement invite également la population à signaler immédiatement toute information pouvant conduire à la localisation de l’intéressé. « Cet acte porte atteinte non seulement aux enseignants, mais aussi à l’avenir des élèves qui se retrouvent privés de cours », alerte la coordination du MCMR/Fizi, dirigée par Angale Isanganino Bwang’yo.
Pour sa part, la société civile locale demande que des mesures de transparence soient mises en place dans la gestion des salaires au sein des établissements scolaires, afin d’éviter que de tels cas ne se reproduisent. Elle plaide également pour un suivi plus rigoureux des responsables scolaires qui manipulent des fonds publics.
Cette affaire relance le débat sur la gestion des ressources dans le secteur de l’éducation dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, souvent marqués par des retards de paiement, des détournements occasionnels et un manque de mécanismes de contrôle efficaces. En attendant que les autorités réagissent, enseignants et parents expriment leur colère et leur déception face à une situation qui paralyse l’avenir des élèves de l’EP2 Fizi.
Photo non liée au fait