Fizi : plus de 240 000 déplacés, l’administrateur appelle à une assistance humanitaire urgente
La situation humanitaire reste préoccupante dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, où les affrontements armés enregistrés au cours des derniers mois ont entraîné d’importants déplacements de populations. Dans un message rendu public lundi 21 septembre 2026, l’administrateur du territoire de Fizi, Samy Kalonji Badibanga, fait état de plus de 240 000 personnes déplacées internes et appelle à une mobilisation urgente du gouvernement ainsi que des organisations humanitaires.
Selon l’autorité territoriale, cette aggravation de la situation humanitaire est liée à l’intensification des affrontements dans plusieurs zones du territoire depuis mars 2025, avec de nouveaux épisodes de violences signalés notamment en mai, juin, juillet et août 2026.
Ces violences ont contraint plusieurs milliers de personnes à abandonner leurs villages, leurs habitations et leurs moyens de subsistance pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres. Une partie de ces populations déplacées se retrouve dans des sites de déplacement, tandis que de nombreuses autres sont accueillies au sein des familles dans différentes localités du territoire.
Samy Kalonji Badibanga évoque notamment des déplacements en provenance de plusieurs zones des hauts plateaux de Fizi et cite parmi les secteurs affectés Mikenge, Minembwe, Komulima, Point Zéro, Abala et Kanguli. Il indique que plusieurs communautés de ces zones ont été contraintes de se déplacer à la suite des affrontements.
D’après les chiffres communiqués par l’administrateur du territoire, Fizi compterait actuellement plus de 17 000 ménages ou sites de déplacés, tandis que plus de 209 000 personnes déplacées internes vivent au sein des familles d’accueil. Au total, le nombre de personnes déplacées internes enregistrées dans le territoire depuis le mois d’août 2026 dépasserait les 240 000.
Cette situation exerce une forte pression sur les familles d’accueil et les communautés qui hébergent les personnes déplacées. Ces dernières font face à plusieurs besoins urgents, notamment en matière d’alimentation, d’accès à l’eau potable, de soins de santé, de logement et de protection.
Face à cette situation, l’administrateur du territoire de Fizi appelle le gouvernement congolais à renforcer les mesures en faveur des populations affectées par les déplacements. Il plaide pour une réponse adaptée à l’ampleur des besoins humanitaires enregistrés dans différentes parties du territoire.
L’autorité territoriale sollicite également l’intervention des partenaires humanitaires et des organisations de développement présents dans la zone. Elle demande notamment une assistance en vivres et en articles non alimentaires, des fournitures scolaires pour les enfants déplacés, l’approvisionnement en eau potable, des médicaments pour les malades, des abris ainsi qu’un accompagnement psychosocial en faveur des personnes ayant subi des traumatismes liés aux violences.
« Fizi traverse une période difficile, une période pénible et traumatisante », souligne Samy Kalonji Badibanga dans son message, appelant à une mobilisation en faveur des populations touchées.
L’administrateur insiste par ailleurs sur la nécessité de ne laisser aucune catégorie de population en dehors de la réponse humanitaire. Il demande aux partenaires de porter une attention particulière aux populations des hauts plateaux de Fizi, notamment celles de Minembwe, ainsi qu’aux peuples autochtones, qu’il considère comme particulièrement vulnérables dans le contexte actuel.
Selon lui, ces communautés sont parfois insuffisamment prises en compte dans les différentes opérations d’assistance humanitaire menées dans le territoire. Il appelle donc les organisations intervenant dans la zone à intégrer davantage leurs besoins spécifiques dans les prochaines interventions.
Au-delà de l’urgence humanitaire, Samy Kalonji Badibanga lance également un appel à la cohésion sociale entre les différentes communautés vivant dans le territoire de Fizi. Il invite les populations à privilégier la solidarité, la cohabitation pacifique et la résilience collective malgré les conséquences des violences.
L’autorité territoriale s’adresse notamment aux communautés Bembe, Reka, Nindou, Fuliru, Buyu, Banyamulenge et Bajoba, les appelant à préserver les liens sociaux et à éviter tout comportement susceptible d’alimenter davantage les tensions communautaires.
« Soyons solidaires et faisons de notre résilience une force et un modèle de relèvement », a-t-il déclaré.
Dans son message, l’administrateur du territoire exprime également sa gratitude au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour les efforts entrepris en faveur du rétablissement de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo.
Alors que les déplacements de populations continuent d’accroître les besoins humanitaires à Fizi, les autorités territoriales appellent ainsi à une réponse collective impliquant le gouvernement, les organisations humanitaires, les partenaires de développement et les communautés locales. L’objectif, selon cet appel, est de répondre aux besoins immédiats des déplacés tout en renforçant les mécanismes de protection, de solidarité et de cohésion sociale dans les zones affectées par les violences.
Matumabiri Masumbuko Matou
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
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