Fizi : affrontement meurtrier entre deux groupes de Wazalendo à Kiko , la société civile appelle à l’intervention de l’armée
Kikonde, territoire de Fizi , Une violente confrontation armée a éclaté dans la nuit du mercredi 16 octobre 2025, dans le village de Kikonde, situé dans le groupement Bashikasalangwa, secteur de Ngandja, en territoire de Fizi. Des tirs nourris ont été entendus de 20 heures jusqu’à 3 heures du matin, semant la panique parmi la population locale.
Selon plusieurs sources locales, ces échanges de tirs ont opposé deux factions des Wazalendo, notamment le groupe FDCC dirigé par le lieutenant-général Kakobanya et le groupe FABB sous le commandement du lieutenant-général Goma Mzito Delfin. Les deux groupes se seraient affrontés pour une question de leadership et de contrôle local à Kikonde, où leurs commandants respectifs étaient présents.
Au lever du jour, les habitants ont découvert avec stupeur le corps sans vie du commandant de brigade du FDCC, identifié comme le chef du détachement basé à Kikonde. Son décès a provoqué un grand émoi au sein de la population et de ses compagnons d’armes. D’après des sources proches de son groupe, le défunt sera inhumé ce samedi à Sebele, sa localité d’origine.
Depuis cette confrontation, un calme précaire s’est installé dans la zone. Plusieurs combattants des deux camps se sont repliés vers des localités voisines, laissant le village pratiquement vidé de ses occupants armés. Seuls quelques éléments des Wazalendo venus de Sebele seraient encore visibles à Kikonde. Cette situation entretient un climat de peur et d’incertitude parmi les habitants, qui redoutent de nouveaux affrontements.
> « Depuis cette nuit-là, beaucoup de familles ont fui vers les villages environnants. Nous craignons le retour des combats, car nous ne savons pas comment les groupes se réorganisent », témoigne un habitant de Kikonde joint par téléphone par notre rédaction
Face à cette tension persistante, le mouvement citoyen SOCICORDC (Société Civile des Combattants Patriotes Congolais) a condamné ces affrontements fratricides et appelé les autorités civiles et militaires à intervenir rapidement pour rétablir la paix et la sécurité dans la région.
« Nous demandons à l’armée nationale et au gouvernement d’intervenir dans ce conflit interne entre Wazalendo. Kikonde n’est pas encore envahi par l’ennemi ; notre véritable ennemi reste le Rwanda. Il faut épargner la population de ces tirs répétés et garantir sa sécurité ainsi que la protection de ses biens », a déclaré Enyambwe Assa Mkumu, responsable local du SOCICORDC à Sebele-Kikonde.
Pour ce représentant de la société civile, les échanges de tirs répétés dans les villages de la chefferie de Ngandja risquent de compromettre la confiance entre la population et les forces patriotiques censées défendre le territoire national. Il appelle les deux factions à privilégier le dialogue et la cohésion au lieu de se livrer à des querelles de commandement.
Dans plusieurs villages du territoire de Fizi, la situation sécuritaire demeure fragile malgré la présence de groupes Wazalendo censés protéger la population contre les incursions étrangères. Des cas similaires d’affrontements internes ont déjà été rapportés ces derniers mois dans d’autres localités du littoral du lac Tanganyika.
En attendant une réponse des autorités, la population de Kikonde vit dans la peur, redoutant de nouvelles violences. Les organisations locales de la société civile continuent d’exhorter le gouvernement provincial et l’armée à ramener l’ordre et la paix dans cette zone longtemps marquée par les affrontements armés.