Société

Bukavu : Un calvaire quotidien entre la place de l'indépendance et Camp TV

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 18/12/2024 à 19:55
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Bukavu : Un calvaire quotidien entre la place de l'indépendance et Camp TV
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La lenteur des travaux de réhabilitation du tronçon reliant la place de l’Indépendance à Camp TV, sur la route nationale numéro deux à Bukavu, suscite une vive indignation parmi les usagers. Plus d’un an après le lancement des travaux, la situation reste critique, rendant les déplacements extrêmement difficiles.

Des usagers à bout de patience

Lors d’une descente sur le terrain, TUMAINI AFRICA NEWS a recueilli les témoignages de plusieurs habitants et usagers, notamment au niveau de "Yesu Yesu", dans le quartier Nkafu, commune de Kadutu. Ces derniers dénoncent la lente progression des travaux qui accentuent les souffrances quotidiennes des piétons et des automobilistes.

"Cette route est devenue impraticable. Nous perdons du temps et de l’argent chaque jour", se plaint un habitant. Les périodes de pluie aggravent la situation : des zones marécageuses transforment ce tronçon en véritable parcours du combattant. À défaut d’infrastructures adaptées, des jeunes du quartier offrent de transporter les passagers à dos d’hommes moyennant paiement, tandis que d’autres doivent être évacués par des engins de chantier, comme en témoigne une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.

Un impact sur tous les secteurs

La dégradation de ce tronçon affecte lourdement la vie économique et sociale. Étudiants, travailleurs et commerçants peinent à circuler. Les véhicules d’institutions telles que l’Université Officielle de Bukavu (UOB), l’Université Catholique de Bukavu (UCB), et d’autres établissements doivent parfois stationner à Wima, incapables de poursuivre leur route.

Les coûts des trajets ont également flambé. Le prix d’un déplacement habituel de 1000 FC pour Camp TV peut atteindre 2000 FC, et rejoindre l’hôpital Docteur Rau à Ciriri coûte jusqu’à 3000 FC. "C’est un calvaire permanent. Les accidents se multiplient, les étudiants sont en retard, et les commerçants perdent des opportunités", déplore un motard.

Une déviation tout aussi impraticable

En théorie, la route Maria Kachelewa devait servir de voie de déviation. Or, cette dernière est également en mauvais état, aggravant les frustrations des usagers. Face à cette situation, la population appelle les autorités provinciales et nationales à agir rapidement pour accélérer les travaux, compte tenu de l’importance stratégique de ce tronçon reliant des quartiers essentiels, des institutions universitaires, et des centres de santé.

Des explications peu convaincantes

La réhabilitation, confiée à la société SOCOC, avance à un rythme que d’aucuns jugent insuffisant. Selon des sources proches de l’entreprise, les fortes pluies seraient en partie responsables de ces retards. Cependant, pour de nombreux habitants, cette explication ne justifie pas l’inaction apparente des autorités face à une urgence qui touche l’ensemble de la ville.

Il est impératif que des mesures concrètes soient prises pour alléger les souffrances de la population et garantir la finalisation rapide de ces travaux cruciaux.

*Par Leader David Fils, journaliste reporter pour TUMAINI AFRICA NEWS.

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