Bukavu : l’activiste Dieudonné Kamitatu dénonce les exactions des Wazalendo dans le territoire de Mwenga
L’activiste des droits humains, Dieudonné Kamitatu, tire la sonnette d’alarme sur la montée des violences attribuées aux éléments Wazalendo dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu . Dans une interview accordée à notre reporter ce vendredi 10 octobre , Dieudonné Kamitatu condamne fermement les exactions commises contre la population civile et appelle les autorités à agir sans délai pour restaurer la paix.
Depuis la recrudescence de l’insécurité liée à la présence de groupes armés dans la province du Sud-Kivu, plusieurs localités du territoire de Mwenga subissent les conséquences d’affrontements entre forces régulières et milices d’autodéfense se réclamant des « Wazalendo ». Selon des sources locales, ces groupes se seraient multipliés depuis la montée en puissance des rebelles du M23/RDF-AFC dans l’Est du pays.
Parmi les incidents récents, celui du 8 octobre a particulièrement choqué la population. Des témoins rapportent que plusieurs motards ont été victimes de tracasseries et de violences physiques à la suite d’un refus d’obtempérer à des éléments Wazalendo-Malaika, originaires du Maniema. Ces derniers auraient exigé que les conducteurs se rendent de force à Katindi sans rémunération. Certains motards opposés à cet ordre auraient été passés à tabac.
Un autre épisode violent s’est produit dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 octobre à Kamituga. Selon les informations recueillies sur place, la mort d’un militaire, attribuée à des éléments Wazalendo, a provoqué une riposte immédiate des FARDC. Les échanges de tirs, particulièrement intenses, ont duré plusieurs heures. Le bilan provisoire fait état de deux morts, dont un commandant de la Police nationale congolaise, et de plusieurs dégâts matériels.
Ces événements ont profondément indigné la population locale.
« Nous ne pouvons pas fermer les yeux pendant que le sang de nos proches continue de couler. Nous dénonçons avec force le désordre de ces éléments indisciplinés qui sèment la terreur sans qu’aucune autorité n’intervienne. Nous sommes fatigués de voir des massacres humains », a déclaré Dieudonné Kamitatu.
L’activiste appelle le gouvernement central à réagir face à ce qu’il qualifie de drame humanitaire et sécuritaire.
« Nous demandons à la communauté internationale d’ouvrir une enquête indépendante sur les violations des droits humains à Mwenga. Le gouvernement, de son côté, doit prendre des mesures urgentes pour prévenir une guerre civilo-militaire qui pourrait éclater dans les jours à venir », a-t-il ajouté.
Les habitants de Mwenga espèrent un retour rapide au calme dans cette région longtemps éprouvée par l’instabilité armée.
Par Myango Joseph, Kinshasa.