Baraka : un infirmier du centre de santé Fizi-État blessé par balle à son domicile
Un infirmier a été grièvement blessé par balle dans la nuit de mardi à mercredi à son domicile situé au quartier Malinde, dans la ville de Baraka, en territoire de Fizi (Sud-Kivu), dans un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant.
La victime, identifiée comme Alain Alenga Mwenebatu, est infirmier titulaire au centre de santé Fizi-État. D’après des sources locales concordantes, des hommes armés non encore identifiés ont fait irruption à son domicile aux environs de 22 heures. Les assaillants l’auraient surpris avant de lui ravir ses téléphones portables. Ils ont ensuite ouvert le feu, le blessant grièvement, avant de prendre la fuite.
Alertés, des voisins et proches se sont mobilisés pour lui porter assistance. L’infirmier a été rapidement acheminé à l’Hôpital général de référence de Baraka, où il est actuellement pris en charge. Des sources médicales contactées indiquent que son état de santé reste préoccupant et nécessite une surveillance étroite.
Cette attaque a suscité une vive réaction au sein du corps médical local. Dans un communiqué publié ce mercredi, l’Union nationale des infirmières et infirmiers du Congo (UNIIC), zone de santé de Fizi, a fermement condamné cet acte qu’elle qualifie de « grave et inacceptable ». L’organisation déplore une situation sécuritaire qui, selon elle, expose désormais les personnels soignants, pourtant engagés au service de la population.
L’UNIIC appelle les autorités politico-administratives et militaires à diligenter une enquête sérieuse afin d’identifier les auteurs de cette attaque et de les traduire en justice. Elle insiste également sur la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité, non seulement pour les agents de santé, mais aussi pour l’ensemble de la population de Baraka et ses environs.
Cet incident intervient dans un climat d’insécurité persistant dans la ville de Baraka. Depuis plusieurs semaines, des tirs nocturnes sont régulièrement signalés dans différents quartiers, semant la psychose parmi les habitants. Certaines sources locales attribuent ces crépitements d’armes à feu à des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), tandis que des acteurs de la société civile dénoncent une « banalisation des tirs » et un relâchement dans la discipline des porteurs d’armes.
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour exiger des mesures urgentes visant à restaurer la sécurité et la confiance de la population. Des habitants interrogés expriment leur inquiétude et disent vivre dans la peur, surtout à la tombée de la nuit.
Jusqu’à la publication de cet article, aucune communication officielle des autorités militaires n’avait été rendue publique concernant cette attaque.
Asandi Muzungu Tony