Société

Assistance humanitaire à Uvira : les vrais déplacés internes sont-ils exclus des listes ?

Matumabiri Masumbuko Matou Journaliste - blogueur
3 min de lecture
Mis à jour le 28/06/2025 à 07:09
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Assistance humanitaire à Uvira : les vrais déplacés internes sont-ils exclus des listes ?
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Une vive polémique secoue actuellement plusieurs quartiers de la ville d’Uvira. Sur les réseaux sociaux, des témoignages affluent : de nombreux déplacés internes affirment ne pas avoir été inscrits sur les listes d’assistance humanitaire.

Ces accusations visent directement certaines autorités locales, suspectées d’avoir contribué à l’ajout de faux déplacés sur les listes, au détriment des véritables sinistrés. Selon les messages largement partagés en ligne, certaines personnes déplacées n’auraient reçu une aide qu’une seule fois, et encore, de manière très limitée.

« On nous a donné quelques choses une seule fois, depuis lors plus rien. Pourtant, nous vivons encore dans des conditions très précaires », déplore un déplacé ayant requis l’anonymat.

Face à ces critiques, l’organisation FAPROS, l’une des ONG ayant participé à la distribution de l’assistance humanitaire en mai dernier, rejette catégoriquement les allégations d’exclusion intentionnelle.
« Nous avons travaillé sur base d’un processus rigoureux d’identification. Ceux qui affirment ne pas avoir reçu l’aide sont malheureusement venus après l’opération de recensement », a expliqué Dieudonné Lwaboshi, responsable de FAPROS à Uvira.

Du côté de l’administration locale, Serge Lupemba, chef de bureau en charge des catastrophes et mouvements de population à la mairie d’Uvira, précise que « les listes utilisées pour les distributions proviennent de la base, c’est-à-dire des quartiers eux-mêmes. »
Une version que corrobore Françoise Mana Mwiriri, cheffe adjointe du quartier Kimanga.

Elle admet toutefois que des failles ont été constatées lors de l’enregistrement des déplacés. « Il est vrai que des irrégularités ont été notées dans certains quartiers. Nous appelons les partenaires humanitaires à procéder à une contrevérification des listes qui leur sont soumises. C’est important pour que l’aide atteigne réellement les véritables bénéficiaires », a-t-elle déclaré.

Cette situation soulève une question fondamentale : comment garantir que l’assistance humanitaire parvienne effectivement aux personnes qui en ont réellement besoin ? La multiplication des déplacés internes en raison des conflits et catastrophes naturelles rend le processus de ciblage complexe, et parfois vulnérable aux manipulations.

Plusieurs voix s’élèvent aujourd’hui pour demander une meilleure transparence et un contrôle accru lors des phases d’identification.

La collaboration entre autorités locales, humanitaires et communautés semble plus que jamais nécessaire pour corriger les failles du système.

Des informations parfois erronées partagées dans sens, risquent de créer un climat de méfiance entre les déplacés et les femmes hôtes. Des déplacés en situation difficile risquent de chercher des moyens pour défendre leurs droits qu'ils estiment bafoués par les familles hôtes et autorités et celà peut amener aux violences et surtout dans cette période de crise à l'est de la RDC, alerte un acteur de la société civile d'Uvira.

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