À Uvira, les femmes de policiers ayant fui la guerre lancent un cri d'alarme .
Elles ont fui la guerre avec leurs enfants sur le dos, traversant la plaine de la Ruzizi pour rejoindre leurs maris, policiers réfugiés à Uvira. Aujourd’hui, elles vivent dans des conditions précaires et lancent un cri d’alarme .
Après la prise de Goma, Bukavu, Kavumu et d'autres zones par les rebelles du M23-AFC, soutenus par le Rwanda, plusieurs policiers ont été contraints de fuir vers Uvira.
« Nos maris sont partis un mois avant nous. Pendant ce temps, nous dormions dehors avec les enfants ou chez des voisins. C’était une vie de misère », témoigne Asifiwe Bimekoro , épouse d'un policier rencontrée au commissariat urbain de la police à Uvira ce lundi 21 avril .
Un voyage à haut risque
Face à l’insécurité et à la dégradation de leurs conditions de vie, ces femmes ont pris la décision de rejoindre Uvira.
« Nous avons traversé la plaine de la Ruzizi avec tous les risques , en vendant tout ce qu’on avait pour payer le transport. Aujourd’hui, nous sommes avec nos maris, mais sans logement, sans nourriture et sans eau potable », explique-t-elle.
Elle ajoute : « Nos enfants tombent malades et ne vont plus à l’école. Deux de mes enfants sont chez des voisins que je ne connais même pas. Ils nous ont aidés par charité. »
Des policiers sans salaires depuis deux mois
Le témoignage met aussi en lumière les difficultés des policiers eux-mêmes.
« Mon mari n’a pas touché son salaire depuis deux mois. Comment allons-nous survivre ? Ce sont des vies humaines qui sont en danger », alerte-t-elle.
Une situation préoccupante selon la police
Le commandant du commissariat urbain, Simon Odokya Limbo, confirme l’ampleur de la crise :
« Depuis février, plus de 8 000 policiers ont fui la guerre quittant Goma, Bukavu, Kavumu, Luvungi, Uvira etc vers Burundi pays voisin . De retour au pays , ceux d'Uvira ont regagné leurs domiciles et les autres sont hébergés ici au commissariat ou dans des familles d’accueil. »
Appel à l’aide des autorités
Asifiwe Bimekoro, conclut avec gravité :
« Ce que vivent nos familles est inhumain. Le gouvernement doit agir. Il faut débloquer les salaires de nos maris , nous reloger et assurer un minimum vital . Nos maris servent la nation, ils méritent mieux. » .