Uvira : Réhabilitation provisoire du pont de déviation de Kavimvira, compromis face à un défi persistant .
Le pont de déviation de Kavimvira, situé sur la route nationale Nº5 à Uvira, est au cœur d'une nouvelle intervention d'urgence après quelques mois de dégradation. Ce samedi 16 novembre, des travaux de réhabilitation provisoire ont été entrepris, mais les enjeux restent de taille pour cette infrastructure vitale pour la région.
Des travaux imprévus et une perturbation considérable
Les réparations, initialement prévues entre 9h et 11h, se sont finalement étendues jusqu’à 15h. En cause, l'ampleur des travaux qui ont nécessité l’intervention du groupe EIS-EKA, en coordination avec la mairie d’Uvira. Des tôles en fer ont été posées sur la structure endommagée pour assurer une circulation minimale, grâce au soutien des entreprises locales Anda Logistique et GLC, partenaires dans cette action.
Sur place, les conséquences ont été immédiates : une perturbation significative des activités économiques et des transports. Des véhicules de transport en commun, bloqués tant à l’entrée du pont qu’en attente de la fin des réparations, ont provoqué des embouteillages sur la principale artère reliant Uvira, Bukavu et Bujumbura. La population, déjà éprouvée par la situation, a exprimé son mécontentement face à cette gestion de crise.
Une solution temporaire, mais nécessaire
Pour Kiza Muhato, maire d’Uvira, ces travaux, bien que provisoires, étaient indispensables. "Nous avons pris la décision d’intervenir d'urgence pour éviter que la situation ne dégénère davantage", a-t-il déclaré sur place. "Mais nous savons que ce ne sont pas des solutions à long terme. Le gouvernement central ont pris leurs responsabilités et financer une réhabilitation durable de ce pont."
Le maire a souligné l’importance de cette infrastructure pour la fluidité des échanges commerciaux et le déplacement des populations, notamment vers Bukavu et Bujumbura. "Ce pont est stratégique non seulement pour Uvira, mais pour l'ensemble de la région. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps", a-t-il ajouté.
Les défis persistants et l'appel à l'action des citoyens
Derrière ces efforts temporaires, de nombreux citoyens et acteurs de la société civile ont intensifié leurs appels à une intervention plus pérenne. Des mouvements citoyens tels que "MCLA" et "DYCOP" ont exprimé leur frustration face à l'inaction des autorités. "C’est une honte de voir qu’un pont aussi crucial pour nos vies quotidiennes ait été négligé pendant si longtemps", a déclaré Pierre Mbonzo, "Nous ne pouvons plus continuer à vivre avec des solutions bricolées."
Une situation critique pour l'économie locale
Les perturbations causées par les travaux ont accentué les frustrations des commerçants locaux, qui subissent des pertes importantes en raison de la circulation ralentie. "Nos produits ne peuvent pas arriver à temps sur les marchés. Cela affecte directement nos revenus et nos familles. Nous avons besoin de solutions durables, et vite", a déclaré Jeanne Kalume, commerçante locale.
Des solutions à long terme exigées
Malgré cette intervention d'urgence, il est clair que la réparation temporaire du pont de Kavimvira ne règle en rien le problème à long terme. L'ingénieur des chantiers de l'EIS-EKA, M. NIYONKURU , a précisé que les travaux réalisés étaient de nature provisoire, et qu’un entretien plus sérieux serait nécessaire pour assurer la sécurité des usagers à long terme. "Les tôles posées aujourd'hui ne sont qu'une mesure de sauvegarde. Il faudra, à terme, une réhabilitation complète et conforme aux normes de sécurité", a-t-il expliqué.
L’espoir d’une solution définitive
Pour le moment, la ville d’Uvira demeure dans l'attente d'une intervention plus structurelle du gouvernement central. Le maire Kiza Muhato a sollicité l’appui d'autres partenaires pour pallier Aux urgences , tout en pressant les autorités compétentes à une prise en charge rapide et efficace des travaux de réhabilitation.
En attendant, les habitants d’Uvira espèrent que cette initiative temporaire permettra de maintenir le trafic en attendant une solution définitive, tout en continuant de faire pression sur le gouvernement pour un engagement ferme envers l’amélioration des infrastructures locales.
LEADER DAVID FILS, journaliste, TUMAINI NEWS