Uvira : panique en ville après l’assassinat de cinq personnes et 15 blessés enregistrés hier
La ville d’Uvira a vécu une nouvelle journée de tension ce lundi 24 novembre, moins de 24 heures après l’assassinat de cinq personnes — trois éléments Wazalendo, un militaire des FARDC et un civil — dans des circonstances encore mal élucidées. Selon l’armée, quatorze autres personnes ont été blessées lors des violences enregistrées hier.
Dans un bref communiqué publié dimanche, l’armée a indiqué que les troubles seraient partis d’une friction entre des éléments Wazalendo incontrôlés, une situation qui aurait dégénéré et nécessité l’intervention des FARDC pour rétablir le calme. Aucune précision supplémentaire n’a été donnée sur les causes exactes de cet affrontement interne.
Dès ce lundi matin, un climat de peur s’est installé dans plusieurs quartiers. Les écoles ont été contraintes d’interrompre leurs activités : les élèves de l’avant-midi ont été renvoyés à la maison, tandis que ceux de l’après-midi n’ont pas suivi les cours. De nombreux parents, inquiets, ont préféré garder leurs enfants chez eux.
Vers 17 heures, la panique s’est intensifiée sur la route nationale numéro 5. Les véhicules roulaient à vive allure, leurs conducteurs cherchant à regagner leurs domiciles avant la tombée de la nuit. Des piétons, visiblement effrayés, se hâtaient également de rentrer chez eux.
À Kalundu , des habitants rapportent avoir entendu des coups de balles à plusieurs reprises dans la soirée causant un blessé , plongeant la population dans une nouvelle vague de frayeur. « Les tirs nous ont surpris. Nous avons cherché où nous mettre à l’abri », témoigne un résident.
La tension est également montée à Kamvivira, quartier stratégique en raison de sa position frontalière avec le Burundi. Plusieurs habitants y ont observé des mouvements inhabituels et des patrouilles renforcées. Des commerçants ont fermé leurs boutiques plus tôt que d’habitude, craignant une reprise des affrontements.
Dans toute la ville, l’atmosphère était à la prudence. Plusieurs familles sont restées retranchées chez elles toute la journée, redoutant de nouvelles violences. Les activités économiques ont tourné au ralenti, certains marchés ayant fermé prématurément.
Les FARDC affirment poursuivre leurs enquêtes afin de déterminer les responsabilités et comprendre ce qui a conduit à cette friction meurtrière au sein des Wazalendo. Les leaders communautaires, quant à eux, appellent la population au calme et invitent les autorités à renforcer les mesures de sécurité.
Alors que la nuit tombe sur Uvira, l’incertitude demeure : la ville retrouvera-t-elle la stabilité, ou de nouvelles tensions pourraient-elles éclater ?