Uvira : marchés publics sans latrines, eau ni éclairage, commerçants et clients exposés à de multiples risques
Dans la ville et le territoire d'Uvira, les populations locales font face à de nombreux défis sanitaires dans les marchés publics. Des marchandises sont souvent étalées à même le sol, tandis que plusieurs marchés ne disposent ni de latrines publiques, ni de points d'eau, ni de systèmes adéquats de gestion des déchets.
Pour l'infirmier Alinoti Sangya Moïse, cette situation favorise la propagation de maladies hydriques. « La plupart des mamans étalent leurs marchandises, mais il n'y a pas de hangars et vous trouverez aussi des déchets aux alentours. Cela favorise plusieurs infections qui causent des diarrhées et le choléra. Suite au manque de latrines, certaines vendeuses ne savent pas où se soulager, pouvant ainsi contribuer à l'accumulation des déchets. Par manque de poubelles, les gens jettent les déchets partout, ce qui nous amène davantage d'infections », explique-t-il, plaidant pour la construction de latrines publiques et de poubelles communautaires.
Au-delà des risques sanitaires, les commerçants dénoncent également des problèmes d'insécurité. Le Président du marché Kalimabenge, Jeannot Budwakale Mulavya affirme que l'absence d'éclairage expose les vendeurs aux vols et aux agressions.
« Depuis son fonctionnement, nous n'avons jamais eu d'éclairage capable de sécuriser les marchands et marchandes. Cette situation entraîne beaucoup de dégâts et favorise le banditisme, surtout aux environs de 18h30 et 19h où nous enregistrons des cas de vols et des jets de pierres contre les hangars », indique-t-il.
Les vendeuses, particulièrement celles qui commercialisent les épices, déplorent également le manque d'étalages adaptés et d'abris. Une commerçante du marché Zaïrois témoigne : « Nous n'avons pas de place pour bien étaler nos marchandises. Quand il pleut, certaines sont emportées. Nous avons besoin de marchés construits et d'étalages appropriés. »
Pour Kelvin Bwija, coordonnateur de la SOCICO RDC, les projets de construction des marchés devraient intégrer les besoins des femmes et des personnes vulnérables dès leur conception. « Nous continuons à mener des plaidoyers auprès des autorités locales afin que les commerçant(e)s puissent bénéficier d'un cadre approprié pour exercer dignement leurs activités », souligne-t-il.
Face à ces défis, plusieurs acteurs estiment que les organisations humanitaires pourraient appuyer la mise en place d'infrastructures de base dans les marchés, notamment des latrines, des points d'eau, des systèmes de gestion des déchets ainsi que des dispositifs d'éclairage, afin de protéger la santé publique et renforcer la sécurité des populations.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL et UFMP.
TAN MEDIA
Journaliste - Blogueur
Passionné par l'actualité africaine
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