jeudi 24 septembre 2026

Uvira : les veuves confrontées à la précarité et à la marginalisation appellent à davantage de soutien

TAN
La Rédaction Journaliste
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Uvira : les veuves confrontées à la précarité et à la marginalisation appellent à davantage de soutien
Uvira : les veuves confrontées à la précarité et à la marginalisation appellent à davantage de soutien

À Uvira et dans plusieurs localités environnantes, de nombreuses veuves vivent dans une grande précarité. Souvent seules à prendre en charge leurs enfants et d’autres membres de leur famille, elles peinent à assurer l’alimentation, les soins de santé, la scolarisation et les besoins quotidiens. À Luvungi, certaines survivent grâce au petit commerce, aux travaux journaliers, à l’agriculture ou à l’entraide communautaire, des solutions qui restent toutefois insuffisantes.
Riziki Erda, veuve et mère de quatre enfants à Luvungi, témoigne de cette situation. Elle évoque la déscolarisation de ses enfants, le manque de moyens pour entreprendre une activité génératrice de revenus et les difficultés d’accès aux soins.
« Nous avons plusieurs défis : la non-scolarisation de nos enfants, pas de moyens financiers de départ pour le petit commerce et pas de soins médicaux. On loue un champ pour cultiver et essayer de trouver de la nourriture pour les enfants, mais lors de la récolte, on se retrouve sans nourriture. On arrive même à transporter du sable et des briques pour trouver à manger », explique-t-elle. Elle estime que l’aide apportée aux veuves reste insuffisante et appelle les autorités et les organisations humanitaires à renforcer leur accompagnement.
Pour Mapenzi Manyebwa, expert en développement communautaire, cette précarité s’explique par plusieurs facteurs : abandon par certains membres de la belle-famille, manque d’encadrement, difficultés économiques, charges familiales, chômage et conflits autour des biens laissés par le conjoint décédé.
« Il y a plusieurs facteurs qui influencent la précarité de la veuve. Parfois, elles sont délaissées par la belle-famille, il n’y a plus d’encadrement. Il y a aussi la situation économique, les charges familiales et l’absence de partage équitable des biens laissés par son mari. Cela fait que la veuve devient solitaire et discriminée », analyse-t-il.Mapenzi Manyebwa appelle ainsi à une plus grande intervention de la justice pour protéger les droits des veuves, ainsi qu’à la création de mécanismes publics permettant de financer leurs activités génératrices de revenus.
À ces difficultés économiques s’ajoutent les préjugés et la stigmatisation. Willy Seremba, coordinateur adjoint de l’organisation CRIPAD, affirme que les veuves font partie des catégories les plus marginalisées. Certaines sont accusées d’avoir provoqué la mort de leur mari et sont même qualifiées de « sorcières ».
« Les veuves sont une communauté vraiment marginalisée. Une femme, une fois qu’elle perd son mari, devient souvent victime de chantage et peut être accusée d’avoir tué son mari. On la considère comme une personne sans valeur et on l’appelle souvent sorcière », déplore-t-il. Pour lutter contre ces pratiques, CRIPAD mène des séances de sensibilisation dans les communautés afin de rappeler que les veuves ont les mêmes droits que les autres citoyens et que leur dignité doit être respectée. 
Willy Seremba appelle également les organisations de défense des droits humains, les associations de défense des droits des femmes et les autorités à renforcer leur soutien.
Les témoignages recueillis montrent que les veuves ont besoin de solutions durables, au-delà de l’assistance ponctuelle. L’accès à des fonds de démarrage, la formation professionnelle, l’accompagnement des activités agricoles, la protection des droits successoraux, l’accès aux soins et le soutien à l’éducation des enfants pourraient contribuer à renforcer leur autonomie.
À Uvira et dans les localités environnantes, l’enjeu est donc de passer d’une aide ponctuelle à des mécanismes durables permettant aux veuves de reconstruire leurs moyens d’existence et de préserver leur dignité.
Article rédigé dans le cadre du programme Habari za Mahali, mis en œuvre par le consortium UNPC-UFMP-COMEL sous le financement de labenevolenciya

TAN

TAN MEDIA

Journaliste - Blogueur

Passionné par l'actualité africaine

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